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PATOIS LORRAIN et FRANÇAIS RÉGIONAL
Ce qui suit n’est ni un lexique, ni une liste exhaustive. Il s’agit plus modestement de répertorier des mots du Lorrain-roman entendus dans la 2e moitié du XXe siècle dans la moitié Sud de la Meurthe-et-Moselle.
On a essayé d'éviter l'insertion de mots d'argot comme c'est malheureusement le cas sur beaucoup de pages dédiées aux patois. La référence dans ce domaine est le Larousse. Les mots figurants dans ce dictionnaire ont été exclus de la liste suivante, sauf si ils ont un sens particulier en Lorraine. Il est cependant possible que quelques uns aient échappés à notre vigilence.
Patois lorrain et Français ayant exactement les mêmes racines, il est impossible d'établir des frontières étanches entre Patois, ancien Français, Français régional et Français moderne. C'est la raison laquelle on a mêlé Patois et Français régional.
On a aussi ajouté quelques noms propres, soit parce que leur origine régionale est trés probable, soit parce que ces noms propres sont des aussi des noms communs en Lorain-roman.
Enfin, rien d'humain n'étant parfait, il y a quelques partis pris, en particulier à propos du mot guéoir. Il est proposé une origine inédite de ce mot qui très curieusement, ne figure dans aucun dictionnaire, que ce soit en Français ou en patois. L'origine donnée ici a au moins un mérite, celui d'être limpide ce qui était rarement le cas jusqu'à présent.
N'hésitez pas à envoyer vos suggestions à cherbeàfree.fr en remplaçant A accent-grave par arobase et bonne lecture !


(nm) (nm)
AchevalerAchevaler existe en Français mais n'est plus usité. Se mettre à cheval, à califourchon. N. Haillant cite le verbe patois "aichouôlè" qui a le même sens.
Acouvers'acouver : s'asseoir sur ses talons ; accroupir ; se mettre dans la position de la poule couveuse
A-cripotoaccroupi. Même origine que le vieux français à-croppetons
Adôs(nm)Agriculture : sillon dans le sens champ entier cultivé ou anciennement cultivé en "dos d'âne", le centre est nettement plus élevé que les bords. Le but était d'évacuer l'excès d'eau. Voir Dôssä
Agailloir (nf)Voir guéoir
Agayoir (nf)Voir guéoir
AgeterAcheter ; il agète son pain
Agnès
prénom
cité pour sa prononciation particulière entendue une seule fois : Ague'nès
Agoler ou engoler Avaler avidement en patois de Metz ; dans le Lunévillois, engorgé dans le sens bloqué par ce qui a été absorbé ; ex: "la tondeuse est engolée".En Wallon, le ruisseau qui se jette dans la rivière agole
Ahouène ou ahoine (nf) avoine . le V est souvent muet devant la syllabe OI
Ahoter ou enhoter (v)Arrêter par contrainte; embourber ;  être en panne ; contraire de dehotter. Même sens en Wallon. Enhotter en Brie
Alduc (nm)aqueduc, petit pont sous un chemin
Aller au boeuf (loc)se dit d'une vache en chaleur : elle va au boeuf, elle réclame le taureau
Aller au mâle (loc)idem au précédant mais concerne la truie
Allez coucherordre donné à un chien pour l'éloigner. Il est amusant de constater qu'il n'était pas rare de s'adresser de cette manière à un animal, en le "vouvoyant"
Alonzet (nm) alonzey, lonzinepièce de chariot destiné à solidariser les deux corps d'essieux. Il est fixé par un axe vertical dans la partie avant et peut coulisser dans la partie arrière ce qui permet d'allonger ou raccourcir le chariot selon la longueur des plateaux interchangeables. N. Haillant l'écrit "èlogneuye", on comprend "éloigné", ce qui voudrait dire "qui règle l'éloignement des essieux". A noter: ce système est encore utilisé sur certaines remorques grumières. Voir "queue de chariot"
Altata (adj)fougueux ; excité; fou-fou
A-main (loc)être à-main, être dans une position favorable pour travailler. Un droitier est "à main" lorsqu'il rejette sa pelle à droite et en difficulté pour la rejeter à gauche
voir "bonne main" et "hors main"
Amusate (nf)jouet de peu de valeur ; objet avec lequel un enfant s'amuse sans que ce soit réellement un jouet
Apôtre (nm)Péjoratif pour désigner un homme que l'on n'aime pas :l'apôtre là (*) cet energumène. Équivalent à citoyen ou paroissien.
(*) Voir Teugner pour l'usage patois de l'adverbe enclitique
Arâbe ou arabe (adj)érable
Ardennes (nm)vent de Nord-Ouest, parfois de plein Nord. Ne pas confondre avec la bise qui est un vent d'Est
Arriè-dos (tomber à...) (loc) Tomber à la renverse ; être projeté en arrière, sur son dos ; figuré : expression pour désigner sa stupéfaction : cette information m'a tellement surpris que j'en suis tombé à arriè-dos
Arrosate ou arosate (nf) Arrosoir
Arrosoir (nf) cité pour son genre féminin sans doute hérité de arrosate
Aspouiller (v) disputer un enfant, ou un adulte par quelqu'un qui a autorité. Aspouiller n'est jamais bien méchant. Pas tout à fait le même sens que le Français haspouiller
Atilles ou âties ou hâtilles (nf)faire des âtilles : faire des manières, des grimaces, des gestes superflus, inapropriés, exagérés ; faire des cérémonies ; prendre un air précieux
à tout bout de champexpression qui signifie sans cesse, à chaque instant
AtteléePériode correspondant à la capacité journalière de travail d'un attelage. On entendait plus rarement "une fauchée"
aufondprofond ; creuser aufond : creuser profond.
AuteAutre. On entendait souvent : "une aute fois" au lieu de : une autre fois. Aute est bien un adjectif indicatif patois, ce n'est pas une "altération moderne" du Français "autre" (Nicolas Haillant, essai sur un patois vosgien page 62, Léon Zéliqzon, dictionnaire des patois romans de Moselle, page 35)
Ahoir V.avoir
ArtisanArtison
Aunée (nf)Aulne, l'arbre. Ne pas confondre avec aulnaie, la plantation. Le langage régional ne distingue pas l'aulne rouge et l'aulne blanc dont les utilisations étaient pourtant très différentes.
Après 1918, il y eut une déprise des terres agricoles. Beaucoup de prés humides ont été plantés en aulnes rouges
AvaroSens quelque peu différent du Français par ailleurs peu usité. Evénement défavorable, ennuyeux, incident fâcheux
AvisionIdée folle selon Nicolas Haillant (Vosges). Entendu dans le Lunévillois dans le sens idée soudaine, ou "révélation"
Bâbette (nf)employée de maison ; bonne de curé ; figuré : fille ou femme pas très dégourdie
Bacelle ou bacele (nf)adolescente ; jeune fille. Fille de la maison (du maître) par opposition à servante. Même sens en Ardennais ;  Servante en ancien français. Il est probable qu'en Lorraine on ne disait pas la Pucelle à propos de Jeanne D'Arc mais la Bacelle
Bacellotte (nf)Diminutif de bacelle. Fillette, pas encore adolescente. On dirait aujourd'hui "pré-ado"
Bacon (nm)cité pour son sens identique à l'anglais moderne : tranche fine de lard grillée (environ de Saxon-Sion)
Bas-flanc (nm)Sorte de perche placée dans une écurie pour séparer les chevaux attachés et créer ainsi une stalle par animal
Baine (nf)(féminin de ban, syllabe AI trainante) îlot au sens agricole; partie d’un territoire ayant des limites naturelles
BalanBalancement, impulsion donnée, force d'inertie exemple: le balan d'une cloche en mouvement
BalancePièce d'attelage hyppomobile, sorte de grand palonnier dont les extrémités sont accrochées aux palonniers de chaque animal
Bâlléeempreinte fortement marquée dans le sol. Empreintes indésirables dans un sol meuble. Herbe foulée. Baller en vieux Français qui signifiait danser.
BalourdA un double sens, 1: personnage rustre comme en Français ; 2: inertie déséquilibrée par une masse excentrée dans un mouvement rotatif. Exemple : une roue de voiture qui n'est pas équilibrée a du balourd
Ban(Français desuet) territoire communal
Ban-houa ou Ban-houé, parfois bangard (nm)littéralement : gardien du ban ; garde-champêtre ; comme le paysan et le payen sont les habitants du pays, le ban-houa est l'habitant du ban ; sens récent : appariteur ; Parfois utilisé péjorativement pour désigner un personnage rustre (comme paysan et payen)
banjoindantjouxtant ; champs ou bans  se rejoignant ; territoires voisins
Barbanzé ou barbouzuavoir le visage barbouillé(voir marmosé et machuré) ; Le mot existe dans le patois Jèrriais (Manche)
Basse d'eauFlaque d'eau ; fondrière, petite mare. Basse s'est substitué au patois "bèsse" sans en être la traduction
BassotterBricoler au mauvais sens du terme ; s'occuper à de menus travaux sans réelle utilité ; ne pas avancer dans son travail ; perdre du temps avec des gestes ou des pratiques inadaptés. S'occuper à des tâches sans importance. Même sens en Franche-Comté. hésiter, biaiser, balbutier, dire des choses dépourvues de sens à Genève et en Savoie
encore un peu usité en 2018
BatisseNom ou surnom du taureau reproducteur
Bauchebauge. endroit où se couche le sanglier. Ancien français bauche, celtique balcos, «boue».
Bauchécouché pour un sanglier ; vautré pour un homme
Bavardpoisson d'eau douce. En général, bavard est le nom du chabot mais parfois, il s'agit de goujon
Bell “j’en sais t’y d’bell“ comment veux-tu que je le sache ?
Bellon1: nom propre : 2:cuve à vendanger (patois de la Meuse)
Bechette ou bechottebinette, outil de jardinier
BerbisBrebis. Le patois, supprime souvent la 2e consonne ou la déplace, ou la remplace par une voyelle (berouette)
Bèrne (nf)berge ou bordure ; fossé de route ; accotement routier au 20e siècle
Berniquemarque de négation, de déception, de désapointement : j'attendais une augmentation mais bernique, je n'ai rien eu
Berouettebrouette ; voir berbis
Bête du bon DieuCoccinelle, l'insecte
BerzingueLibation en patois ; à toute berzingue : à toute blinde , à grande vitesse
Besson1 : nom propre ; 2 : jumeau
Beugne (nf)synonyme de beigne ; hématome, bosse sur une carrosserie. même sens en Suisse romande.
beugnerblesser quelqu’un; abîmer un objet;"cette voiture est beugnée": la carrosserie est cabossée. Idem à Oléron
Beüloumal voyant, chassieu. "T'es beulou ?" Tu ne vois pas ce qui te crève les yeux ! Pleurnichard en patois poitevin-saintongeais
Beussebête, l'animal
Bibiteterme enfantin pour désigner le sexe masculin (l'appareil génital) ; Nicolas Haillant voit un lien avec bê-bête (petite bête) mais est-ce la seule explication ?
Bidousobriquet pour un homme. Variété de poires d'automne dans la Meuse
Bientôtcité pour ce sens particulier : "un accident est bientôt arrivé" au lieu de : "un accident est bien vite arrivé"
Bique1 : chèvre ; 2 : trepied. Expression : cours après la bique, cours toujours !
Bique-et-bocbique et bouc ; bisexué ou de genre indéfinissable. Figuré : homosexuel.
Biquette ou biquipetit(e) de la chèvre ou de brebis ou de chevrette (chevreuil)
Bistrouilleennui, embêtement. Voir embistrouillé
Blanc-bonnet ou bian-bonnetUne femme avec très souvent une connotation péjorative
le costume traditionnel des lorraines comprenait toujours une coiffure blanche, quelque soit la saison ; halette en été
Expression : je ne suis qu'un bian-bonnet ; je ne suis qu'une pauvre femme
Blanche épine (nf)l'aubépine selon Pierre Fève (le patois de Corcieux)
Blanc-étoc (terme forestier) couper une forêt à blanc-étoc, couper à blanc ; ne rien laisser, pas même un baliveau
Blaude (plante) chenopode (prononcez kénopode). Appelé lait de couleuvre en Gaume (Lorraine belge). Blaude est une blouse dans les Vosges (Uriménil)
Blinde(à toute blinde): à toute vitesse
Blosse1 : Nom propre ; 2 : bosse en vieux français ; 3 : variété de prune (damas), parfois de reine-claude ou de prunelle ; 4 : en Gaume, personne de moeurs légères ; 5 ; vessie de porc ou cloque en Moselle ; 6 : partie blette d'un fruit, dans ce cas, blosse est le féminin de blos
Blouque (nf)boucle ; voir berbis
Bobèchon (nm)tête ; variation de bobèche. « se monter le bobèchon » s’exciter. Existe aussi en Suisse Romande.
Boc (nm)bouc. Sobriquet : les bocs d'Aviller, et aussi de Greux, de Lerrain dans les Vosges et Azelot, Benney en Meurthe-et-Moselle
Boc-Bô(nm)bec-bois qui est le nom local du pic-vert. Bec-bois est aussi le sobriquet des menuisiers
Bocatte (nf)Femelle du boc ; Biquette, chèvre. Sobriquet : les bocattes de Gremecey ou de Thuilley-aux-Groseilles (la chèvre était "la vache du pauvre". On se moque de l'indigence). Conte lorrain : les bocattes d'Hoëville
Bocotte boquin en Moselle, cabocès à St-Amé (Vosges) (nf)petit tas de regain (fourrage) pas encore sec. En automne, quand la rosée de la nuit était importante, le regain pas encore sec était mis en tas pour l'empêcher de s'humidifier la nuit. Ces tas étaient épandus dans la journée ; sobriquet : les bocottes de Moyen
Bodatte ou bodotteNombril et par extension, bedaine. Bodatte serait une corruption de bonde
Bois blanc ou blanc boisForestier : aubier du chêne principalement (voir lard)
Boeufcité pour le F final sonore, que ce soit au singulier ou au pluriel. Cette sonorité est très curieuse car en patois, boeuf se dit bieu, sans consonne sonnante à la fin (idem pour oeuf)
Bonge, bongeatte ou bongeotte (nf)corbeilles de différentes tailles. Voir charpagne
Bon-ami ou bonne-amieFiancé(e), parfois amant(e)
Bonguyjuron
Boquillon (nm)bucheron en vieux Français. Du bas latin boschiare
Boriller (v)Mouvements, piétinnement de la vache sous l'effet des douleurs précédent la mise-bas
Bossote (nf)Abcès, petite bosse, reliefs résultant d'une maladie de peau. Petit relief du sol, petite bosse. Expression : c'est château sur bossottes : installation instable ; projet mal préparé
Bouâler ou boualer (v)boualer voulait dire bêler en patois. par extension, pleurer pour un enfant ; crier pour un adulte
Boudiou (nm)menteur en patois d'Épinal. (Boudou dans cette partie des Vosges et qui aurait la même origine que "bourde" selon N. Haillant ; mentou dans le reste de la Lorraine)
Lorsque les fortifications de la ville étaient encore en place, une horloge fut installée sur la porte Sud. L'appareil fonctionnant mal était soit en avance, soit en retard et très rarement à l'heure. Gouailleurs, les spinaliens l'ont surnommée "la porte du boudiou", la porte du menteur !
Boulersortie de matrice chez la vache (descente des organes)
BoulerÉbouler
BoulieBouillie. Expression : c'est de la boulie pour les chats, cela n'a aucune valeur
BougeBouge c'est substitué au patois beûje sans en être la traduction. beûje signifiait réservoir, foudre au sens de la tonnellerie. Le bouge est une cuve ou réservoir profond en bois de forme cylindrique dans laquelle fermentait le raisin. Ne pas confondre avec la cuve de forme ovale ayant des bords beaucoup moins hauts.
BougerieLocal vinicole ; endroit où l'on entrepose les bouges
Bouriâderbousculer ; avoir de manières bourrues vis-à-vis de quelqu’un
Bourie
Nom générique des canards domestiques. Bourie est le surnom des habitants des villages souvent innondés comme Saint-Boingt (qui se plaisent dans l'eau comme les canards)
Bourriet ou bourrierBourrelier
BoutiqueAtelier ; l'atelier de l'artisan mécanicien par exemple
Braca ou braco, parfois broco
gourdin, petit rondin de bois ; morceaux de bois de la plus grosse section dans un fagot. Figuré : bras d'un enfant. Dans le Lunévillois, braco et broco sont des mots distincts qui n'ont pas le même sens
Brâille ou brâye Glume, enveloppe des grains de blé ; terme utilisé au XXe siècle pour désigner les impuretés dans les grains mal nettoyés aussi bien les glumes que les brins de paille
Braque (adj)sens différent du Français : personne antipathique qui répond séchement, qui est "cassante"
Braunerrépéter une rumeur. « J’ai entendu brauner ça » : j’ai entendu dire...
Braiyer ou broyer
(se prononce brai-yer) faire ou foutre. « Qu’est-ce que t’brayes ? » qu’est-ce  que tu fous ? le  brayer était le faiseur de braies en patois jurassien. Brayer était le 1er travail pour débarrasser le lin de sa gangue en Pays de Retz, région nantaise
Bran
Elan, poussée, effort ; faire un bran : donner de l'élan à un balancier. Voir balourd et balan
Brandevin
Eau-de-vie, parfois le distillateur ou son atelier
Braye
Bra-ye, voir brâille
Brayette ou brayotte ou broyotte(brai-yette)Braguette. Idem en Picard (Ch'ti). A l'origine en patois, désignait la pièce de tissu reliant les jambes de pantalon (pont ou fond de culotte) et parfois les langes
Breuler
brûler : "breules-y la bodotte et t'diras enco qu' c'est me !" les contes de Fraimbois
Brézayer
faire du mauvais travail ; s'occuper à des travaux inutiles
Bricolou
(nm)
bricoleur en patois mais utilisé au 20e siècle avec un sens très péjoratif, voire méprisant, pour désigner quelqu'un qui travaille peu et mal
Bringue
(nm)
Une grande bringue : péjoratif pour désigner une personne de grande taille pas très bien habillée ou n'ayant pas de prestance
Brimbelle ou brimbèle
myrtille. C'est assez rare pour être signalé, ce mot est commun à toute la Lorraine romande
Brisaque (adj)qui brise tout ; qui casse tout ce qu'il prend dans les mains . Même sens en Brie
BroncherBroncher la vigne : enlever les entre-feuilles
BrochonBroc
Brochotte (nf)petite broche, petit axe ; figuré : le membre viril
Brocot Entrave, bûche accroché par une chaîne au cou d’une vache fougueuse dans le but de l’empêcher de sauter au dessus des clôtures ou pour l’empêcher de courir. Dans le Lunévillois, bracot et brocot sont des mots distincts qui n'ont pas le même sens
Bronchertailler la vigne mais pas seulement
BroussinerBruiner ; usage encore fréquent en 2018
Broua ou brouanCrecelle. Veut probablement dire bruyant
BuanderieCe terme désigne aussi bien le local que la chaudière qu'il contient. Faire une buanderie de patates : faire cuire le cuveau de la chaudière rempli de pommes de terre, généralement pour alimenter les cochons
Cabèche(nf)variante régionale de caboche, tête
Câcate(nf)nom générique des poules. Grenouille de bénitier ; femme qui bavarde ; péjoratif : religieuse catholique
Cägne(nf)mauvais champ ou lopin
Cägneux(nm)rugueux ; bosselé ; diforme. Figuré : garnement, mauvais garçon
Cäillondésordre
Calandau galopin. Vieux cheval en Franche-Comté
Calande ou calende ou calante (nf)Averse. On entendait parfois : "une calende de grêle"
calugeotte ou calugeatte ou calougeotte (nf)niche ; cabane; caisse.
Cambouler
voir cuboler
Chambouler, verser (pour un véhicule), renverser
Camille
prénom
cité pour sa prononciation particulière, que ce soit au masculin ou au féminin, on disait Cami-le
Camp en réserveL'ancien régime forestier imposait parfois de mettre un quart de la forêt hors exploitation courante
Par abus de langage, "quart en réserve" est devenu "camp en réserve". Dans les Vosges, le toponyme Banbois voudrait dire la même chose (bois mis au ban)
Camp-volant Gens du voyage ; sans domicile fixe. Figuré : personne négligée, mal habillée, n'inspirant pas confiance
Cance1 : nom propre ; 2 : faire semblant (patois de la Meuse); quasi, presque
Canonannuité, principalement le fermage à payer chaque année à la St-Martin (11 novembre), ou plus rarement à la St-Georges (23 avril)
CaoutchoucSorte de sabot très léger et très souple ou sur-chaussure en caoutchouc ou en matière plastique que les filles mettaient pour envelopper leurs souliers pour éviter de les salir ou de les mouiller
CapucinL'un des noms vernaculaires du lièvre, pas spécialement en Lorraine, mais son utilisation est nettement moins importante aujourd'hui (2018)
Caput1: nom propre ; 2: chapeau
CarcanVaurien, gredin
Carotte sauvagepanais, grande ciguë des prés
Carrouselmanège de foire pour les enfants. Existe en Français avec la même définition mais jamais entendu hors de la Lorraine
CasuelMauvais emploi régional du Français "casuel" mais assez répandu : fragile, qui a tendance à casser
Causer àêtre en bons termes, le contraire "d'être mal". Causer à une fille (ou à un garçon) : être fiancé mais de façon "non-officielle"
Chabionkerterme viticole dont le sens donné ici est incomplet : tailler la vigne. Moisi, taché à Dompaire (Vosges). Voir chaoutrer
ChâhouéeLe H expiré s'entend nettement, on écrit aussi "chawée" avec le W de Walertloo ! Grosse averse, trompe d'eau. Châblée en Brie. En Moselle, lavoir se dit chäweü. Du verbe patois châwer : laver, lessiver.
Chahoutrer ou chaoutrer hhaoutrer/hhawtrer en Moselle. Xawoultrer en AustrasienLittéralement : châtrer ; pincer la vigne pour supprimer le "hhawtron", l'extrémité de la tige. Dans le secteur de Gerbéviller, il s'agissait d'enlever les gourmands, les entrefeuilles de la vigne. Saulvoultrer en vieux Français
Chanlate (nf)gouttière ou corps pendant de toiture ; figuré : morve pendante. Nicolas Haillant y voit le vieux Français "chanlatte" signifiant "latte sur chant" (sur le côté)
Chalin hhalîn en MoselleEn patois messin, pierraille, sous-sol pierreux, terre chaude et sèche ; sinon : sorte de grès friable affleurant sous la terre arable, partie normalement non labourée ; voir crassin
Chälôtsoit le diminutif de Charles avec à peu près le même sens ridicule que Charlot aujourd'hui ; soit synonyme de niais, imbécile ; soit les deux à la fois
Chambre (la chambre)Dans le Lunévillois, Pièce principale de la maison lorraine ; ailleurs, on l'appellait "le poêle"
Chambre à fourFournil, pièce depuis laquelle on avait accès à la gueule du four. Elle servait à préparer la pâte et à entreposer le pain
Chambre du hautChambre du premier étage
Chânôtte ou chânatte ou chanlatte (nf)gouttière en bordure de toit ou cor-pendant. Figuré : secrétions du nez . Viendrait de chênot ou cheneau:petit chêne coupée dans le sens de la longueur et creusé pour servir de gouttière.
Châouéevoir châhouée
Chape ou chappe (nf)cage à poussins. Voir cheffe
Chapouiller (se)se disputer ; taquiner
Charbonnette (nf)bois pour le charbonnier ; bois de petite section, plutôt du charme, destiné à faire du charbon de bois
Charguignercouper maladroitement ou avec un mauvais instrument ; déchirer plutôt que couper. Chagrener à Dompaire (Vosges)
Charmine (nf)charme, l'arbre; ne pas confondre avec charmille qui n'a pas le même sens
Charpagne (nf)corbeille ou panier. Sorte de panier en Franche-Comté. Sobriquet : les chairpaignes de Bettegney-Saint-Brice Vosges
CharpagnattePetite charpagne. Un mauvais usage généralisé de ce mot désigne le marchand ou fabriquant de paniers de manière Péjorative (voir camp-volant). Le fabricant de paniers était le chèrpegni en patois ou vannier en Français. Figuré : personne mal habillée, négligée
Sobriquet : Les charpagnattes de Frolois (54) (voir aussi Xeuilley
Charpiesens beaucoup plus large qu'en Français. Brisure. "Faire de la charpie" : casser, briser quelque chose "en 1000 morceaux" ; faire beaucoup de déchets en épluchant ou en écossant
Charottecharette
Châssatte1 : nom propre (sans accent) ; 2 : chaussette ; 3 : bas de laine dans le sens de bourse
Chasse (nf)Coin forestier utilisé exclusivement en conditions difficiles comme l'abattage ou le fendage de buches difficiles. La partie métallique est creuse pour y enfiler un morceau de bois sur lequel on frappe. Le coup de masse est partiellement amorti ce qui évite l'effet de rebond
Chasserau ou chassereau ou chass'rau(nm)Chasserot en vieux Français. Selon P. Fève, le patois de Corcieux, il s'agit de l'épervier. Pour d'autres, il s'agit du faucon crecerelle, reconnaissable par son vol stationnaire. Pour d'autres encore, c'est le nom générique des oiseaux de proie. Chasserot en vieux Français
Châtrou (nm)couteau utilisé pour castrer (châtrer) ; couteau de poche. A l'origine, c'était la personne qui castrait les animaux d'élevage
Chaucher ou jaucher tasser ; piétiner. Probablement du vieux français caucher et du latin calcare = fouler aux pieds
Chaurée ou chôrée(nf)suée. Bouffée de chaleur. A la ménopause, les femmes ont souvent des chaurées
Chauvau ou chêvò(nm) grenier de ferme situé au dessus de la grange et surélevé pour laisser entrer les chariots chargés.  Ancienne mesure de capacité en Franche-Comté
Châwée, chawée, chaouée, chahouéevoir châhouée
Cheffe ou chaffe ou chappe (nf)A l'origine, panier de marchand de volailles. On nommait ainsi la "chappe", cage en osier ou en grillage métallique sous laquelle on enfermait la poule couveuse et ses petits
Chèmé (hhèmé) : phonétiquement : ϰèmé(nm)( le son patois écrit "ch" ou "hh" n'existe pas en Français. Il correspond au J Espagnol ou au chi Grec). Pièce du chariot intermédiaire entre le "corps d'essieu" avant et le plateau. Il supporte les ranchets avant.
chemise américainesorte de maillot en laine fine que l'on mettait aux jeunes enfants en hiver ; un T-short avant l'heure
Chère-soeur(nf)Bonne-soeur, religieuse catholique
Cheulard (nm)ivrogne. Voir cheuler
cheulerboire avidement ; s’enivrer
Chie-au-lit ou chie-au-niddernier né d'une fratrie; enfant pas encore propre
Chignerpleurnicher. Le verbe existe en Français mais son usage est moins fréquent
Chique (nf)bille (jouer aux chiques) ; boulette. Surnom donné à ceux qui mâchent du tabac (voir chiquer)
Chique avoir la chiqueavoir un abcès dentaire qui fait une bosse sur la joue
Chiquer Mastiquer du tabac ; cette pratique existait encore au milieu du 20e siècle
Chlägueforte gifle, fessée, correction. Voir torgnole
Chlinguer Sentir très fort, puer
Chmaquer ou chmeker ou Chmiker ou smiquerrenifler, flairer comme le fait un chien pour trouver une piste. Signifie parfois sentir mauvais
Chnobottes (nf)bottes de neige ou bottines ; Mot récent qui proviendrait de l’Américain snow-boot. Une origine Allemande n'est pas impossible
Chocotte ou chacatte (nf)ortie. Figuré : «avoir les chocottes» : avoir peur
Cholotte, hholotte dans les Vosges, hhâlate en Moselle (nf)échelette, surtout de chariot
Chon (nm)lardon; lardons grillés et chauds mélangés à la salade de pissenlits. En Moselle, c'était aussi une dosse ; près de Remiremont, c'était la deuxième planche sciée dans une grume. A Escles (Vosges), c'était un chou. A Saxon-Sion, un résidu du saindoux utilisé pour la fabrication du boudin
La Lorraine ayant aussi son argot, chon pouvait désigner un enfant ou une personne de petite taille, comme lardon en Français... Et parfois exactement l'inverse par dérision
Chorotte (nf)charette
Chtarer dérober, voler. Il y a un doute sur l'origine de ce mot qui ne figure dans aucun dictionnaire, patois ou argotique.
Citoyen terme de mépris : le citoyen là(*), ce vaurien, ce lascard ; (voir apôtre et paroissien).
(*)Voir Teugner pour l'usage lorrain de l'adverbe enclitique
Civate (nf) cive
Clameser (nf) mourir (argotique) ; crapsè en patois de Metz
Clarteux clair, lumineux ; se dit d'une pièce naturellement bien éclairée. Kièrtou en ancien patois de Moselle
Clenche Poignée de porte ou de fenêtre (idem au Quebec). En ancien Français, c'était une pièce de serrure pour enclencher ou déclencher
Clencher Manoeuvrer la clenche
Cliche (nm)Loquet ; synonyme de clenche
C'min (K'min) (nm) Cumin. Sobriquet : les chieurs de cumin de Sarreguemines
CocheFemelle du cochon, plutôt une jeune truie ; truie castrée en Gaume
Cochettejeune truie, petite coche
Cocotte Pomme ou cône de pin, fruit de l'épicea
Coffiotte (nf)pelure ; coquille de fruit à coque (voir ecoffer). Craffe dans la Meuse, comme la porte de Nancy
Collés ils sont collés se dit des chiens qui restent accouplés après le coït
Colote ou Colotte ou ColletNom propre, l'une des nombreuses variantes lorraines du prénom Nicolas
Communaux terrains communaux, voir paquis
Comparsonier ou comparsenier ou compersenierDu patois "compèrsogneu", compagnon, camarade, ou héritier copartageant. Ancien terme juridique qui, chez certains notaires lorrains, désignait un cohéritier. On le trouve dans des actes notariés jusqu'au début du 20e siècle
Comprenote ou comprenüreesprit de compréhension ; intelligence. Expr : tu as la comprenote difficilote. Tu es lent à comprendre
Corbander (v)Définition oubliée ! Le bois muni de crans aux extrémités qui servait à pendre par les pattes arrières le cochon saigné s'appelait le "corban"
Corbé1: nom propre ; 2: sobriquet ; 3: corbeau
Core ou corre la corelieu-dit très fréquent. Coudrier, noisetier en patois se dit core et est féminin
Coriate ou coriote(nf)lacet, cordelette ou petite courroie
Corneklaxon de voiture
Corne de chèvreCornouillet
CornerKlaxonner. Argotique : corner dans la bouteille, boire exagérement (lever le coude comme le sonneur de corne)
Cosson1 : Nom propre ; 2 : marchand d'œufs et de volailles
cotes ou cottes (nf toujours pluriel)Robe traditionnelle assez longue pour couvrir les chevilles. Les robes plus courtes s'appelaient des rôbates (voir ce mot). L'utilisation de ces mots au 20e siècle était péjorative
Coualer (se coualer)se mettre à l'abri comme une caille (une couale ou cwale), se réfugier, se tapir, se blottir
Couârier ou couarier ou coirierparticiper à un coiroil/coirail ; bavarder longuement ; perdre son temps à bavarder
Couârail ou coirail ou couâroil ou coiroil ou couâraye(prononcez couârôille ou couâraille avec l'accent trainant sur le premier a). A l'origine, c'était la veillée hivernale entre voisins ou la discussion lors de cette veillée. Depuis le 20e siècle, le mot n'est plus utilisé que pour désigner des babillages, de longs bavardages, une assemblée de personnes qui bavardent, quelque soit la saison ou le lieu
Couloir Du patois couleuye. Gros entonnoir ou passoire pour filtrer et "couler", le lait dans un bidon immédiatement après la traite. "Coler" signifiait couler et passer au tamis
sobriquet : les couleuies de Mont-le-Vignoble
Coup-de-cul "côp d'cul" en patois vosgien ; côte courte à forte déclivité, raidillon ; voir gremm'to
Couranteavoir la courante avoir la diarrhée
Courante Pierre ronde et mobile des anciens moulins. Elle se déplace sur la "dormante"
Cou-rouge-que-ti sorte d'onomatopé enfantine signifiant approximativement "plus rouge que toi" répétée de génération en génération pour faire crier les dindons qui, dans la logique enfantine, n'admettent pas que l'on soit plus rouge que leur crête ! En réalité, il suffit de parler fort en leur présence pour provoquer leur glougloutement
Courser poursuivre, courir après...
Courseur coureur dans une épreuve sportive
Cousin de Pentecôte Membre de famille éloigné qui rend visite une fois l'an. Péjoratif, synonyme de "pique-assiette" ; utilisé quand une personne est suspectée de venir spécialement un jour chômé pour ne pas participer aux travaux, pour ne pas aider !
Couveuxœuf pourri (partiellement couvé) ; sol creux, par opposition à un sol rappuyé
Couâler
(se couâler)
se blottir
Couarierparticiper à un couaroïl ; bavarder longuement
Couaroïl ou couaraïl (nm)long bavardage. Rénion de personnes qui bavardent. Au 19e siècle, c'était la veillée
Cougïe, cougie, coujie (nf)fouet du cocher. Ascourgie en vieux Français
CoulaisNom propre : l'une des nombreuses variantes lorraines de Nicolas
Couvéeexpression citée parce qu'entendue seulement en Lorraine : une couvée de C.R.S : des "poulets" au sens argotique évidemment !
Couv’te (couhhe-te) ou couje-te interjection qui signifie tais-toi. En patois de Metz, il existe le verbe coujier, se taire
Covrosse, covrasse couveuse  ; poule couvant des oeufs ou ayant des poussins ; mère-poule. Figuré : mégère ; méchante femme !
Crâ (nm)corbeau ou corneille ou choucat. Surnom des habitants de nombreux villages. Dicton : les crâs d' Lagarde auront bientôt sa peau : il n'en a plus pour longtemps à vivre
Crâche (nm)du patois crähhe, trognon, principalement de choux ; reste de végétaux divers
Crâiller ou crôiller
(des yeux)
écarquiller ; être ébahi. Dicton : Y croye des oeuyes comme lo St-Joseph di moteiye de L'mainville : il a les yeux écarquillés comme la statue de St-Joseph dans l'église de Lemainville
Crâffierscarifier ; travailler superficiellement le sol. Figuré : mal travailler le sol
Craffouillertrifouiller
Crâpi(adj)fruit desséché ; visage ridé
Crasse de houillecitée pour mémoire. Sous-produit des haut-fourneaux qui était utilisé en lieu et place du sel de déneigement. La crasse ne provoquait pas la fonte mais elle réduisait fortement l'effet de glissade sur la neige tassée
Crassinsable en patois vosgien, sorte de grès très friable sous la couche de terre arable. voir chalin
crayon de papierCrayon de bois ; Les anciens lorrains ne voient pas de pléonasme. Les écoliers avaient un crayon de papier et un crayon d'ardoise qu'il fallait bien distinguer entre eux !
En lorrain-roman, le pléonasme n'existe pas. Quand un mot a plusieurs sens, on précise toujours, même si le contexte suffirait à faire comprendre de quoi on parle :
On disait aussi bien la cheville de pied que mon frère s'est foulé la cheville de pied Cette construction ridicule en français était tout à fait normale en patois
Crever(nf)Cela surprend au 21e siècle mais à la campagne au 20e siècle, on ne disait jamais mourir pour un animal ou un végétal. On disait toujours crever sans que ce soit vulgaire ; au contraire, utiliser mourir pour un animal semblait déplacé. Une personne très attachée à son animal de compagnie pouvait dire mon chien est crevé !
Croleuse (nf)mauvaise source ;résurgence périodique d’eau. Croler voulait dire trembler
Cuboler
renverser ; retourner un véhicule ; synonyme de  «cul par dessus tête». Cubeller en Savoie
Cul-blancNature : façon plaisante de désigner les chevreuils
Cul-d'chien Nèfle ; désigne aussi bien l'arbre que le fruit
Cul-d'pape (nm)échinocactus, cactus en boule
Cugnot 1 : nom propre ; 2 : coin à fendre ; parcelle triangulaire
Cuisse (nf)Cité pour ce sens forestier : partie d'une grosse branche d'arbre, au départ de la grume. Cuisse en Vosgien se disait kihhe
Daille-daille dare-dare ; vite ; rapidement.
Damâs; (nm) Prune de couleur violette et de forme ronde, très sucrée et sans l'amertume de la quetcsh qui elle, est ovalisée. Une légende veut que le Damâs ait été importé de Syrie lors des croisadesd'où son nom.
Däner faire däner(un däne en patois est un état de grande fatigue). Faire däner se dit d'un enfant turbulent, capricieux, qui n'obéit pas, il fait däner sa mère , il lui donne beaucoup de mal
Danin1: nom propre. 2: dânin signifie damné (Ville-sur-Illon, Vosges)
Danoisepuit de lumière ; voir hollandaise
Danse de Saint-Guy Avoir la... Remuer sans cesse, ne pas tenir en place. Se dit d'un enfant turbulent
DeEn Français, ce préfixe signifie souvent annuler, supprimer : mettre ; defaire... Ce préfixe a parfois le même sens en patois mais le plus souvent, il ne change rien.trisser et trisser ont rigoureusement le même sens ainsi que frâler et frâler et bien d'autres encore. Voir aussi le préfixe re
Débiscaillé débraillé ou patraque
Débringuerdémolir, extirper, casser. Même sens à Oléron et à Montargis. Ancien Français bringue: morceau.
Décanier se sauver ; faire décanier : provoquer le départ, expulser
De car en coin expression qui signifie diagonalement, coin d'une pièce placé perpendiculairement sur une autre
Défense Lorsque les territoires agricoles étaient trop morcelés, certaines parcelles étaient inaccessibles sans passer sur celle d'un voisin. Cependant L'usage voulait qu'un agriculteur ayant mis en place une jeune culture fragile comme la luzerne par exemple, ait la possibilité d'interdire temporairement le passage sur cette parcelle. Il matérialisait cet interdit en plantant quelques branches d'arbustes. Ces branches s'appelaient alors des défenses
défoncerAgriculture : action qui consiste à déplacer la terre arable pour epierrer la sous-couche et remettre ensuite la "bonne terre" à sa place.
Déguiner ou déguinner A Celles-sur-Plaine en 2018, Se dit à propos d'un cortège de mariage que l'on observe, sans en faire partie. En Moselle, déguinner signifie plaisanter
Décrevé Lézardé ; fruit fendu, abîmé par la pluie. S'emploie quelque fois pour parler de tavelure. En patois de Saxon-Sion, décrever signifie découvrir ou deshabiller
Dégoiser Sens différent du Français : médire, bavarder babiller en médisant
Déhochédéboîté, désarticulé
Déhotter Démarrer, s'en aller ; contraire d'ahotter. Même sens en Suisse Romande
DéjeunerPetit-déjeuné, premier repas plus ou moins copieux
En Lorraine comme en ancien Français, on déjeunait le matin, puis on dînait à midi et on soupait le soir
Particularisme venant sans doute du patois, on utilisait l'auxiliaire être pour les 3 repas : t'es soupé au lieu de tu as soupé
Délivrance (nf)Placenta, généralement des animaux
DemangeDominique, le prénom. Dans certains actes paroissiaux lorrains du 17e siècle, on voit une personne prénomée altérnativement Demange puis Dominique dans le même acte
déméfierméfier
Dépaissir
Inverse d'épaissir. Démarier, supprimer les plantes en surnombre ; éclaircir un semis
Dépiauter Décortiquer ; dépiauter une carcasse de viande : la couper en petits morceaux ; Défaire, démonter
Déqueugner Le contraire d'enqueugner ; nettoyer, débarrasser.
Dérayer dérai-yersens légèrement différent d'enrayer, concerne plutôt la récolte : enlever les premiers rayons ou raies : commencer le travail dans une parcelle pour la préparer. Exemple : enlever les premiers rangs de betteraves ou de maïs pour permettre le passage du chantier de récolte
Déripper ou ripper glisser; dérapper. Déruper en Suisse Romande. A rapprocher de l'anglais ripper ?
Désaisonner rompre l'assolement traditionnel pour une plante (saison est ici synonyme de sole, fraction d'assolement); provoquer la fécondation d'une mammifère en dehors de sa période naturelle
Détriper Étriper, démantibuler
Détrisser (voir trisser) éclabousser
Dévers ou revers terrain dont la pente est perpendiculaire à sa plus grande longueur
Dia d’avant ordre du conducteur donné aux chevaux pour tourner à gauche (voir hue to-près)
DînerRepas de milieu de journée
En Lorraine comme en ancien Français, on déjeunait le matin, puis on dînait à midi et on soupait le soir
Particularisme venant sans doute du patois, on utilisait l'auxiliaire être pour les 3 repas : t'es soupé au lieu de tu as soupé. Expr : tu iras dîner avec les chevaux de bois : tu n'auras pas à manger. Le cheval de bois était un grand chevalet pour confectionner les fagots
Dinguer sens différent du Français et toujours utilisé comme verbe subordonné. Envoyer dinguer : jeter brutalement dans un moment d'énervement ; jeter au loin avec violence et souvent avec hargne ; jeter contre quelque chose de dur
Dommages Aller aux dommages, aller faire des dégâts. Se disait surtout en période de veine-pature, lorsqu'une vache quittait le troupeau pour aller manger des betteraves ou tout autre récolte interdite à la veine-pature
Dondon (nf) terme familier qui a en Lorraine un sens plus large qu'en Français. Une dondon est une femme indolente, qui se laisse aller. Contrairement au Français, elle n'est pas systématiquement obèse
En Austrasien (vieille langue lorraine très proche du vieux Français), une dondonne était une donzelle, "une coureuse", "une fille de rien".
Jeux de mots éculés avec les toponymes se terminant lorrains par "sur Madon" : à Bainville-sur-Madon dont...
Dôssä le milieu d'un champ relevé en "dos d'âne" pour favoriser l'écoulement des eaux. Voir adôs
Dragée (nm) cité pour son genre masculin
Drapeaux (toujours pluriel) langes, linge pour bébé
Dru (adj) nettement plus utilisé qu'en Français et dans un sens plus large : un temps dru ; un temps couvert, menaçant ; pleuvoir dru, forte pluie. Pouvait avoir un sens très différent en Moselle : tendre, mou, veule. On ne sait pas quel sens donner au sobriquet personnel "bois-dru" ?
Éco vo (loc adv) Littéralement : encore vous, formule de politesse qui signifie "à vous aussi" ; formule pour répondre à une politesse : --Bonne journée Charles ; --éco vô sous-ententendu bonne journée à vous aussi
Ecoffer ou eccoffier Ecosser (enlever les coffiottes)
ÉcouterObéir : les gosses-là n'écoutent rien ! (ils n'obéissent pas)
Egailloir (nf)Voir guéoir
Eguéoir (nf) Voir guéoir
Embistrouillé (nf)Embêté, ennuyé, emmêlé. Voir bistrouille
Embêche, embeche ou ambeche (nf)nom générique pour les contenants ; conteneurs
Emmaré ou emmarréEmbourbé, enlisé (voir ahoter)
Empaouté très mal habillé, qui ressemble à un épouvantail ; déguisé
Empaucher avoir de la terre qui colle aux pieds, aux roues (voir pauchat)
Encan ou lincan(nm)vendre à l’encan, vendre aux enchères : Lincan : vente aux enchères
Enco Encore
Endêvé ou endevé ou endévé Endiablé. Faire endêver quelqu'un : le rendre chèvre. voir enrager
En haut du fourneause tenir en haut du fourneau, se tenir contre le poële pour se réchauffer
Enjarter ou anjarter Empêtrer, se prendre les pieds ; avoir les jambes engourdies ; fatigué d'être assis ; se dit d'un animal dont les pattes sont entravées
Ennuité (en-nuité)s'ennuiter, se faire surprendre par la nuit, l'obscurité ; prendre du retard qui oblige à continuer une tâche au delà de la lumière du jour. S'attarder malgré la tombée de la nuit. Annuité dans le Berry
Enqueugné du verbe enqueugnerencombré, en désordre. Etre enqueugné: être débordé de travail. Voir déqueugner
Enragé Fou-furieux ; passioné addict ; turbulent. Dicton : l'est enragé comme le bouc d'Azelot
Enrager faire enragerEmbêter, énerver volontairement quelqu'un, provoquer l'agressivité d'un animal domestique. voir endevé
Enragé être enragéêtre passionné voire addict. Ne pas pouvoir maîtriser une passion.
Enrayer Ouvrir la première raie de charrue ; ammorcer, commencer un travail. Voir dérayer
Entendre sourdêtre malentendant. On disait parfois "entendre dur"
Enterrement (nf)cité pour son genre féminin : "cette journée est triste comme une enterrement" (région de Rambervillers), il semble que le genre féminin venant de la forme patoise d'enterrement n'aie pas été une généralité. L. Zéliqzon dit que le mot est des deux genres en patois
Entier (nm)Etalon, cheval qui n'a pas subi la castration
EpatantDu patois epèteû ; fruit ou capitule de la bardane qui était recherché par les enfants pour les accrocher aux vêtements en guise de farce.
Estomacscité pour la façon pudibonde et ridicule de désigner les seins, la poitrine féminine. Il faut cependant se souvenir que l'on employait rarement le mot poitrine, y compris pour les hommes. L. Zéliqzon cite l'expression fluxion d'estomac qu'il traduit par fluxion de poitrine
Ételle(nf)éclat de bois plus gros qu'un copeau ; morceau de bois enlevé par la hache ou la tronçonneuse lors de l’abattage. Même sens en Franche-Comté (sans équivalent en Français, sauf à le rapprocher d’éteule et surtout d'attelle (chirurgie).
Etelle existait dans les ordonnances forestières avant le Révolution ainsi que dans un grand nombre de langues d'oïl. Il est curieux que le Français moderne l'aie oublié ? On le trouve aussi en Languedoc sous la forme "estêlo", en Catalan : "astella", en Espagnol : astilla et en Portugais : "astilha"
Etroubleséteules ; chaumes ; champ moissonné Même sens dans le Genevois, en Forez et Berry. Du latin stipula
Euille ou aille(interjection)« euille don » : avance donc ! dans certains patois, aille signifie marche ! (l'ordre de marcher)
Evaltonnéécervelé ; éxalté ; Etourdi, ahuri. Existe également en Picard (Ch'ti)
Evangiles(nf) cité pour son féminin pluriel : les saintes évangiles
Faïon ou faillon 1 : nom propre ; 2 : frère
Faire jeune mettre bas pour un animal ; vulgaire : accoucher pour une femme
Faire risette Rire ou sourire. Concerne exclusivement les bébés chez qui on provoque le sourire (en faisant des atilles)
Faisou voir r'faisou faiseur. "Grand disou, petit faisou" (patois Morbihanais) parle beaucoup et agit peu. Fayou dans les Vosges
Fait-à-fait (v) au fur et à mesure
Farme ferme au sens agricole. cité pour sa proximité de l'Anglais farm
Fauchée (nf) surface fauchée lors d'une journée de fenaison. Voir attelée
Fauciller Couper à l'aide d'une faucille ; synonyme de moissonner
Fendre (v) Agriculture, voir l'inverse, rendosser ; dans le cadre d'un labour en planche, on commence une parcelle par les bords et l'on termine au milieu par un double sillon non refermé appelé "fendu"
Fendu (v) voir fendre puis rendosser
Fergougner ou fergueugner ou feurguénier
remuer un tas de végétaux ou un tas de braises à l'aide d'une fourche ou d'un bâton ; rechercher quelque chose dans un fouillis ; rechercher maladroitement, sans méthode ou en créant du désordre;
Feugner
fouiller la terre, rechercher. Le sanglier "feugne" le sous-bois avec son groin. Il retourne le sol à la recherche de nourriture. Feuner dans le Jura
Feugnot (nm) partie de terrain retourné par un sanglier. Figuré: terre mal labourée
Feunetré (adj) Creux, visage ridé et vieilli. On entend aussi une peau feutrée, gauffrée. En Moselle, le cheunetré était une sorte de gaufre
Feute(adj) (version moderne de l'adjectif patois feuhhe). Se dit d'une terre argileuse mal ressuyée et collante, qui ne se laisse pas travailler. Qualifie également un aliment fade ou peu digeste ou désagréable au goût
Fève (nf) Nom générique qui comprend les fèves et les haricots. On utilisait rarement le mot haricot
Fi (nm)fils. «mon fi » façon familière et paternelle de s’adresser à un enfant, pas nécessairement le sien
Fiäche(adj)flasque, ramolli, en début de décomposition (betterave ou carotte)
Fiauve Conte, fable, baliverne. Du latin fabula. Dans la région d'Athienville et d'Haraucourt, se prononçait fiauhoue, le V était remplacé par "hou"
Fier (nourriture fière) francisation par quasi-homophonie du patois fieuhh qui signifie aigre, acide, amer. Ce mot a probablement la même origine que fiel. Il s'employe surtout à propos du raisin pas encore mûr qui, au delà de son acidité, provoque une sensation désagréable dans la machoire suivi par une grimace de dégoût
Filer vache qui file vache qui émet un filet de lubrifiant naturel par la vulve pendant ses chaleurs
Fin Superlatif, "plus que..." : fin fou : complètement fou ; fin saoul ivre-mort ; à propos d'un plat : fin bon, excellent
Fin (pas spécialement lorrain). Vient probablement de "finage" Sous l'ancien régime, l'assolement était imposé. Telle année, telle partie du territoire devait être en blé, telle autre en avoine Etc. Ces portions de territoire s'appelaient des saisons ou des fins (parties de finage), exemple, la saison des blé, la fin des haricots, d'où l'expression
Finesse (nf) plante, la fétuque en temps qu'adventice des céréales
Fion (nm)pique verbale, méchanceté, insulte. Envoyer des fions : avoir des paroles méchantes à l'adresse d'une personne
Flâche Manquement, se disait lorsque le semeur ne croisait pas suffisamment ses passages ; le flâche désignait l'espace non semé entre deux passages
Fleurée feunèsse en Moselle ensemble des graines, semences, qui tombent en manipulant du foin ou qui restent sur le plancher du grenier après avoir enlvé le foin.
Flo fiat en Moselle. Boucle d'un nœud de lacet. Se disait fiat à Landremont
Flèche (nf) timon du chariot à chevaux (ou à boeufs). L'extrémité avant était munie d'un anneau permettant d'atteler d'autres animaux, devant ceux qui étaient de chaque côté de la flèche
Floquet (nm)Grappe de fruits ; extrémité de la branche d'un arbre fruitier, fruits compris. Floquet existait en ancien Français (N. Haillant)
Foinger (v)fumer
Foingèrefumée au sens désagréable
Foirediarrhée. Enfoiré vient de là : sali par ses propres excréments. Sobriquet : les foiroux de Remiremont voir schnell-catherine
Foireuse (nf) plante : mercuriale, herbe laxative qui provoque la foire (la diarrhée). Voir foire et schnell-catherine
FongieuxSynonyme de spongieux, excessivement humide pour un terrain
Fontaine (nf)Source
Fonteni (nm)Petite source (fontaine) ; endroit humide
Forin ou forain (nm)étranger à la commune ; agriculteur exploitant sur un territoire et habitant une autre Commune ; personne exerçant une activité généralement sédentaire sur une autre Commune. Sous l'ancien régime dans l'évêché de Metz, il existait une taxe appelée "la foraine" qui était une sorte d'octroi à payer pour faire entrer une marchandise dans une Commune (cahiers de doléances de Buissoncourt)
Fornotte (nf)lucarne ; petite fenêtre
Fouillâ ou Fouillard (nm)Fouillard au singulier signifie feuillage (très peu usité). Au pluriel, il s'agit des fanes et surtout des feuilles de betteraves ou de pommes de terre
FouillerBêcher le jardin
Fourchette (nf)forficule. Voir pince-cul
FraisHumide ; un pré frais : un pré excessivement humide
Frâlée (nf)une lourde charge ; une récolte fruitière très abondante ; une charge écrasante au premier sens du terme
Fraiche une vache fraicheune vache qui vient de vêler, qui est en début de lactation
Frâlers’effondrer sous la charge ; se casser
FrancisCe prénom n'existait qu'en temps que sobriquet de François
Frangeon (nm)Nuage en forme de sillon ; Sillon de pluie ; averse très localisée
Fraye (nf)Ensemble des oeufs de poisson ou de batracien à la surface de l'eau. Ex : Fraye de grenouille
FrayerVulgaire : draguer, fréquenter (une jeune fille). Ce sens existe en Français mais il était beaucoup moins usité qu'il ne l'était en Lorraine
Friche terrain en friche (nm) cité pour son genre masculin en ancien Lorrain
FrigoÊtre frigo, être frigorifié
Frognon (nm)groin. Figuré et péjoratif : visage
Froyotte (nf) Echauffement par frottement des cuisses du cavalier ; escarre occasionné par le frottement des cuisses entre elles chez les personnes obèses
Gabelou (nm)sens un peu différent du Français : sobriquet péjoratif de tous les contrôleurs des impôts
GaboserCompliquer ; rendre difficile ; salir. Expression : "Je viens de laver le sol, arrête de faire ton chemin de St-Jacques, tu vas tout gaboser !" Je viens de laver le sol, arrête tes aller-et-venues, tu vas tout salir
Léon Zeliqzon l'écrit avec cette orthographe : gäbosè
Gadin (nm)chute ; prendre un gadin : tomber, de manière un peu ridicule, surprenante, amusante pour les autres. En Moselle, un gadîn était un jeune taureau
Montgadin est un lieu-dit à Haraucourt.
GaillardePéjoratif : féminin de gaillard avec le même sens : débrouillarde, délurée, roublarde
Gaille ou gaïsse (nf)(nf) Initialement, désignait la chèvre ; utilisé au 20e siècle pour désigner la vache de manière péjorative ; une gaïsse = une mauvaise vache. Même sens en Suisse Romande.
Galant (nm)fiancé. On ne lui connait pas de féminin
Gamache (nf)Considéré comme argotique. Visage, figure. souvent utilisé à la place de gueule car moins vulgaire tout en ayant le même sens péjoratif à propos des humains
Gambille (nf)Jambe en patois de Lay-saint-Rémy. Cité pour sa similitude avec l'argot parisien
Gaudine ou gôdine (nf)(nf)Lopin ; petit pré de peu de valeur. Masure à Saxon-Sion
Gasse1 : nom propre ; 2 : sornette ; 3 : gosier et parfois gorge ou goître. Sobriquet : Les gagasses de Moyenvic, les goîtreux
Gayoir (nf)voir guéoir
Geletée (nf)toute petite gelée hivernale
Gerbier (nm)En Français, c'est le le lieu où l'on stocke les gerbes, idem en Lorraine avec un sens supplémentaire, le gerbier (parfois la gerbière) est la porte dans la façade de ferme lorraine par où on accède au gerbier
Germéevoir terre germée
Glinglin (nm)rocher ; grosse pierre ; grosse motte de terre très compacte (aucun rapport avec la St-Glinglin)
GlisseJeu : Luge ; voir glisser et schlitte. La glisse était aussi une sorte de haquet sans roue tractée par un cheval pour déplacer sur une courte distance des objets lourds comme des foudres de viticulture
GlisserJeu : Luger. Voir schlitter; On ne connaissait pas les mots luge et luger
GlissoirAssemblage de planches en U pour former une goulotte qui servait à glisser les betteraves fourragère par un soupirail (larmier) de cave
gnan-gnan(nm) voir nian-nian
Godin (nm)Bouvillon ; jeune mâle.Figuré : adolescent. Sobriquet : les godins d'Allain (54)
Godot ou godat(nm)godet à l'origine, verre à boire viens boire un godot
Gollée ou golée(nf)bouchée ou gorgée en sous-entendant de la gourmandise. Goler voulait dire couler, écouler en patois d'Epinal
Golot (nm) goulot
Golotte (nf)goulotte ; rigole de prairie ou saignée. Tout petit ruisseau Le ruisseau des goulottes. Lieu-dit à Haraucourt
Gorgeon(nm) Gorgée
Goulafe(nm) goinfre ; qui mange goulûment
Gouri 1: nom propre ; 2: cochon (Ainvelle 88)
goutil (nm)Endroit humide ; mouillère ;résurgence périodique d’eau
Goutte (nf)Eau-de-vie. Faire la goutte : distiller
Goutte (nf)Ruisseau parfois important. Même étymologie que gorge et même sens que "gorges du Tarn". On trouve beaucoup de toponymes vosgiens avec goutte
Goutte expr : on n'y voit goutte : on ne voit rien
Gouttière(nm) fuite dans la toiture
Goyotte (nf)porte-monnaie ; économies ; compte bancaire
Grâhiercrier comme une poule qui a faim ; chanter faux ou à tue-tête ; crier exagérement contre des enfants désobéissants
Graisse d'eau
(aller à graisse d'eau)
se dit lorsque pendant les labours, l'eau présente dans et sur le sol, lave et lubrifie le versoir de la charrue, empêchant l'argile de s'y coller
Grand-van voir van et tarare Machine agricole destinée à nettoyer le grain. Synonyme de tarare. N'a aucun rapport avec le véhicule-betaillère qui est un anglissisme de "caravan"
GrangeonPetite grange ou partie de la grange. Parfois, la grande porte de grange était reculée par rapport à la façade. La partie ouverte s'appelait le grangeon
Gratte-culEn Gaume : houx commun ; cynorrhodon dans le reste de la Lorraine, fruit de l'églantier et du rosier. Dicton : même la plus belle rose tourne en gratte-cul (rien n'est éternel)
Gravelle(nf)vandoise (poisson de rivière)
Greluche(nf)Femme "de mauvaise vie" ; insulte, façon péjorative de désigner une femme que l'on n'apprécie pas, même si sa moralité n'est pas en cause
Gremm'to (nm)Raidillon ; côte abrupte et courte. Grimpet en Normandie. gripot dans les Vosges et gripant en Moselle. Voir "coup-de-cul"
Gremillet 1 : nom propre ; 2 : mie de pain
Gremillon 1 : nom propre ; 2 : petit grumau
Greuler ou grulergrelotter «il greule le froid » il tremble de froid. ancien français croler, croller, remuer, trembler
Grigner ou gregner ou greigner ou gringuenierGrincer des dents ou avoir les dents "agacées" par un son très désagréable, exemple : Le crissement de la craie sur le tableau noir me fait grigner des dents
On se moquait ainsi des filles de Saulxerotte (54): elles vont toujours grignant
se plaignant du mal de dents
Grimouler ou grémoulergrogner avec une légère agressivité pour un animal ; grommeler, ronchonner pour un homme ; marmoner. Se dit aussi d'un couple qui se dispute souvent : "y sont toujours en train de s'grimouler"
Gritée (nf)mélancolie, tristesse, nostalgie, chagrin, depression ; le mal du pays pour les expatriés. Ce mal frappait souvent les appelés du contingent, notamment les ruraux qui quittaient leur foyer pour la première fois, avant et après la première guerre mondiale car les conditions étaient extrêmement difficiles et souvent cruelles. Les cas de décès de cette maladie étaient fréquents et totalement scandaleux car très faciles à éviter. La bêtise militaire est sans borne !
Gritou (adj) être gritou, avoir la gritée. Avec le banissement du patois, cet adjectif fut mal remplacé dans le langage populaire par "neurasthémique" (voir ce mot)
Guéer (v)Ce verbe est bien Français et donc n'est pas du patois mais le rappel de sa définition est nécessaire pour le mot guéoir.
Guéer : traverser un cours d'eau à gué
Guéer un cheval : le promener dans l'eau pour le rafraîchir, pour le nettoyer.
Guéoir(nf)Endroit où l'on guée les chevaux (voir guéer ci-dessus).
Un guéoir est un aménagement pavé en pente douce et alimenté en eau en permanence. La retenue d'eau permet de nettoyer les pieds des chevaux.
Notons que ce mot qui n'est pas dans les dictionnaires du patois lorrain qui font référence. L'on trouvera d'autres explications des origines de ce mot mais elles sont moins convaincantes.
Gueniche (nf)poupée, "doudou" figuré : femme de mœurs légères ; maîtresse au sens illégitime. Femme malpropre en Moselle. Probablement la même origine que guenille
Guéoirretenue d'eau maçonnée en pente douce ayant une profondeur au point bas d'au moins 50 cm. Le guéoir servait pour l'essentiel à nettoyer les pieds des chevaux. Il est parfois confondu avec le lavoir ou avec la fontaine publique souvent construits sur un même espace puisque tous nécessitent un apport important d'eau
Henri Labourasse, les patois de la Meuse page 295, mentionne "gâïeuil", sorte de mare où l'on baigne, où l'on aiguaye les chevaux
Il existe toutes sortes d'explications sur l'étymologie de guéoir. Nous nous risquons ici à une approche totalement différente. Guéoir serait construit à partir du verbe Français "guéer" (gâïer en patois) qui signifie promener un cheval dans l'eau pour le délasser ou pour le nettoyer. Cette origine Franco-Lorraine expliquerait pourquoi les dictionnaires patois sont muets à propos de guéoir, ils le considéraient sans doute comme du Français et non du patois
Guernouille Guèrnouye en Mosellegrenouille. Comme dans beaucoup de mots patois, le R en deuxième position est transposé comme dans brebis. Cela adoucit la prononciation
Gueulot (nm)Cri puissant, gueulée ; cri désespéré
Gueugnerréfugié dans un coin, se mettre à l'abri d'un quelconque danger en se repliant sur soi-même. Se dit d'un animal appeuré qui se blotti. Presque identique à "coualer"
guiche (nf)Bâtonnet, cheville, broche ; axe. Figuré et vulgaire: membre viril
GuidesRennes pour conduire un cheval
Hachepaillerparler une langue étrangère ou Français avec difficulté
Hâle Hâle de bise, période de bise
Halette Halatte en patois ; coiffure féminine traditionnelle destinée à se protéger du soleil
Hallier (nm)Hhalli en patois de Sion. Petit hangar ou remise généralement destinée à abriter le bois de chauffage pour le faire sécher. Certains font un rapprochement éthymologique entre "halle", "hailli" et "hallier". Dans les Vosges, le patois "hailié" ou "halié", phonétiquement proche de hallier, signifie desséché
Haie ou haye de charruePoutre servant de chassis, la pièce principale d'une charrue à chevaux sur laquelle sont fixés l'âge et les mancherons. Son extrémité avant est reliée à l'avant-train
Haille ou haye ou heuylle ou aïe(interjection)prononcez ha-ye ou heu-ye «. Du verbe patois hayé : marcher, avancer, agir. y n'peut pu haye : Il ne peut plus marcher. Heuye don : avance donc !
Hamm'ceydiminutif fréquent de Marcel. La lettre H est aspirée
Hargat ou hargotrue Hargat à Hoéville (54) ; cahot, secousse. Peut-être une déformation de terrain par extension. Le mot existe dans le patois de Landremont, Vosges
Hartar cultivateur médiocre, mal équipé. L'hartar est un ancien instrument aratoire qui a précédé la charrue. En béarnais, hartar signifie bouger, remuer. C'est probablement de là que vient le nom lorrain de l'araire qui "bouge" la terre. Hartar est quelques fois employé pour désigner la pauvreté, voir missenard
Haut dos faire le haut dos(expression)Faire le dos rond. Se dit d'une vache qui affronte des giboulées ou qui est malade. Le milieu de sa colonne vertébrale est relevé
Haut-la-queuePersonne hautaine, orgueilleuse, dédaigneuse, méprisante.
Sobriquet : les hauts-la-queue d'Art-sur-Meurthe
Haut mau ou haut mal tomber du haut mal(expression)épilepsie
Herr Sens exactement inverse à "pauvre hère". On se demande pourquoi les dictionnaires patois ont choisi cette orthographe ? Homme riche, cossu. Sobriquet des habitants de Serres (54) et d'Haillainville (88). Dicton : il vaut mieux être cheval à Haillainville que femme de herr ! Les riches laboureurs d'Haillainville avaient la réputation de mieux soigner leurs chevaux (animaux de prestige) que leurs épouses.
Hhèté(adj)(le H est fortement expiré). En Moselle, terre cultivée battue par la pluie (resserée). Dans le Sud-Lunévillois, après le labour d’une terre argileuse et humide, si la météo est sèche, les sillons durcissent fortement. On dit alors que la terre est « hètée ».
Heursé, heurser, hersichien dont le poil du dos est dressé, hérissé: "ce chien a vu un chat; il heurse". Le poil dressé n'est que la manifestation d'un état d'excitation, d'énervement. Figuré : personne mal peignée, hirsute.
HollandaiseOn l'appelle aussi danoise. Il s'agit d'un puits de lumière dans une cuisine borgne de maison lorraine. La plupart du temps, il s'agit d'un cloisement de la cheminée.
Holer hhauler en Moselletaper dans les branches d'un arbre à l’aide d’une gaule pour faire tomber les fruits
HomméeMesure représentant la surface bêchée par un homme en une journée soit environ 2 ares
Horboteuxnom de la troupe de théâtre de Fouchy (Haut-Rhin) venant du sobriquet d'un village voisin. Dans les Vosges (et probablement dans cette partie de l'Alsace), l'horboteuye est une sorte de rateau pour la pêche aux grenouilles
Hors-maince qui est à gauche car hors de portée de la "bonne main", la main droite. Peut aussi désigner ce qui est du côté droit d'un attelage hyppomobile car inaccessible pour le conducteur toujours placé à gauche des animaux de trait
voir "à-main" et "bonne-main"
Hoton ou hottonrésidu de nettoyage des céréales. Les moissoneuses-batteuses sont généralement équipées d'un convoyeur à hotons qui les ramène à l'avant de la machine pour un second cycle de nettoyage
houâtié ou wâttiéAbimé, tordu, déformé, vrillé "cette courroie est houâtiée "
HoucheImpureté végétale dans le grain à la sortie de la batteuse ;
Houspillerdisputer mais pas trop durement
Hue-to-prè ordre du conducteur donné aux chevaux pour tourner à droite  (voir dia-davant)
Ipronom personnel il, lui. Lorsque l'on entend la phrase "i" va à la chasse, ou donnez-i l' bonjour on pense qu'il s'agit d'une altération du pronom Français mais tous les ouvrages d'études du Lorrain-roman écrivent ces pronoms sous la forme "I"
Image (nm)cité pour son genre masculin dans la proche région de Metz
Indiotte ou indiatte (nf)ongle ou griffe
Jambouterenjamber ; mesurer une distance en enjambées
Jandolerchanceler, tituber , avoir des problèmes d'équilibre. Expression : "cet homme est sâoul, il jandole"
JâqueGeai. Sobriquet : les jâques de Neufchâteau
Jarretbâton, morceau de bois contenu dans un fagot de diamètre intermédiaire entre le "bracot" (voir ce mot) et le bois fin ; bâton pour aider le marcheur ; les personnes conduisant un troupeau étaient toujours équipées d'un jarret ou bâton
Jate (nf)une grande jate : loquacité, bagou, baratin, parlé abondant et rapide. Mot généralement péjoratif. "Tais-don ta grande jate" ; mais tais-toi donc ! Il a une jate de marchand d'chiens. C'est un baratineur
Jaucher ou chauchertasser ; piétiner, fouler. Se disait à propos des personnes qui foulaient aux pieds le raisin dans la cuve de vendange et des agriculteurs qui tassent le silo de maïs.
Jauniré ou jaunottegirolle, chanterelle. Même sens en Franche-Comté
Jeune de...petit animal non sevré ; jeunes de moineau : oisillons encore au nid. Péjoratif quand on dit jeunes de... nom de famille
Jeter basPratiquer l'abattage ; Abattre un arbre. Il s'agit d'une expression typique de la Lorraine : pendre (un objet ou un homme) se disait "tirer haut"
Jointée (nf)le contenu, ce que peuvent contenir deux mains jointes, exemple : remet une jointée de mirabelles pour compléter ce panier !
Jote Tête de ...Tête de jote choux pommé dans les Vosges ou... étourdi, tête en l'air, tête de linotte. la jote est une espèce de choux blanc pour L. Zéliqzon ; c'est aussi une tige ou fane de pomme de terre. Voir jotte et joute
Jote ou jotte"fière jotte" : choucroute aigre. Jotte est le nom du choux cabus pour L. Adam; selon les régions à l'intérieur de la Lorraine, jote peut être remplacé par joute. En ancien Wallon, jote et joute sont des herbes cuites pour manger (accompagner) surtout des choux. Toujours selon la même source, joute est une acception de jote et signifie "navet qui se sème fort tard et qui reste en terre pendant l'hiver"
JourAncienne mesure agraire représentant la surface labourée par un attelage de chevaux pendant une journée soit environ 20 ares de sol assez difficile et 33,3 ares en sol facile
JouteDésigne parfois le choux mais plus généralement, c'est la manière lorraine d'accomoder le choux en cuisine ou son acompagnement. Fièrejoute : choucroute (selon L. Zéliqzon page 272). Voir fier et jotte. Il est amusant de trouver ici une explication à "joute", mot resté mystérieux dans les dictionnaires toponymiques, notamment à propos de Fontenoy-la-Joute !
(nm) Croc, outil de jardin à 2 dents.
Kapout mot allemand. Mort, vaincu, écrasé. Ce mot prononcé par les allemands triomphants en 1940 : "françous kapout" fut utilisé pendant et après la seconde guerre mondiale et fut renvoyé aux nazis défaits : "boches kapout" !
Kike, kikelle(nf) pointe, cime d'un arbre
Kno-hh (v)connaître ; cité pour sa ressemblance avec l'Anglais know
La bonne mainla main droite. Il était très mal vu d'être gaucher. Ceux-ci entendaient très souvent : "prend donc ta bonne main !"
voir "à-main" et "hors main"
La courtoisie de Metz En 1552, après 6 mois de siège de la ville lorraine, Charles Quint abandonna son projet de reconquête et son armée quitta la Lorraine en abandonnant les blessés. "Bons princes", les messins soignèrent indifféramment soldats français et soldats ennemis. Reconnaissants, les Allemands ont appelé ce beau geste "la courtoisie de Metz" ! Voir Schnell-Catherine
Laiche ou lèche (nf)herbe des prairies humides, famille des carex que le bovins et ovins ne mangent pas. Même sens en Brie
LardCité pour son sens forestier : aubier du chêne
LarmierSoupirail. Identique dans le Jura et dans les Flandres ; on remarque la construction très proche : soupir et larme
Lâtron (nm)laiteron des champs (sonchus arvensis)
Lèchïs (nm)Repas supplémentaire pour les animaux ; un dessert en quelques sortes pour les animaux en production comme les vaches laitières . Mélange de betteraves hachées et de menue-paille. Leché en Franche-Comté
(article)La
Lè ou let(nm)liseron. La lettre è est très brève, nettement plus courte qu'en Français
Lembannie ou EmbannieLieu-dit très fréquent en Lorraine. Littéralement : ban banni (territoire interdit). En période de veine-pâture (voir ce mot), un partie du ban pouvait être banni, interdit pour cette pratique. Au moyen-âge, ce pouvait être un lieu de rites interdits (sorcellerie, culte non chrétien...)
Len'nedmain et lenn'demain(nm)lendemain
Lichette ou lichotte(nf)Lampée (gorgée) ; petite tranche de pain; petit morceau de quelque chose ; petite quantité
Limonière (nf)timonière, sorte de brancard pour atteler un cheval
Lincan (nm)vente aux enchères. voir encan
Lisette (nf)betterave fourragère. Pour désigner la betterave rouge mangée en salade, on disait la "rouge lisette"
Liskette (nf)parcelle étroite ; petite bande de terre, chose de peu de valeur
Lo (article)Le
LongeLanière de cuir du fouet de cocher (de la cougie)
Losse (nf)Sorte de barre-à-mine avec une extrémité renflée pour préparer le trou des piquets. Originellement, le mot désignait les vrilles et mèches pour percer le bois
MachuréExiste en Français avec un sens différent. à peu près le même sens que maculé mais se dit surtout d'un visage sali. Voir marmozé ou mormouzé
Macuzon (nm)petit tubercule à la peau noire et à la chair blanche sucrée très succulente. Selon la littérature, il se produit sur les racines de la gesse tubéreuse mais ce n'est pas exact
On trouve de très nombreuses formes de ce mot qu'il n'est pas possible de citer ici
Mâgnons ou manions (nm)mancherons de la charrue ou de la houe
Main(nf)gant de toilette. Rarement entendu
Mairrie ou MairerieMairie, la maison du Maire. Il s'agit d'une francisation, et non d'une traduction, du patois märerèye qui signifie Mairie
Mal être mal avec quelqu'unÊtre en mauvais termes, ne plus lui adresser la parole
Mâlecité pour le cas particulier du reproducteur porcin. On ne disait jamais le verrat bien que ce mot soit parfaitement connu. On disait toujours le mâle.
Mâmiche (nf)Grand-mère, vieille femme
Man suivi d'un prénom féminin ; ex man Coralie (nf)Grand-mère Coralie
Marcare ou marcaire (nm)vacher, ouvrier chargé de l'entretien et de la traite des vaches laitières
Marcarerie (nf)laiterie annexe de l’étable
Mare (nm)eau de vie de mares de raisin
Mâre ou manre et plus anciennement mau(adj)méchant, mauvais « le mâre-drôle là » ce mauvais garçon
Margatte ou margasse(nf)boue, rédisus boueux ; synonyme de mouise pour éviter de dire "merde"
Margolermordre, dévorer; manger goulument
Margolotte(nf)Margoulette ; menton ou double ou triple-menton ; parfois la gorge
Quand Rauch était Maire de Metz et Rossinot Maire de Nancy, il circulait une plaisanterie disant que le nombre de leurs mandats électifs égalait le nombre de leurs margoulottes
N. Haillant fait un lien étymologique entre margoulette et gargouille
Marlin (nm)merlin, outil, masse à fendre le bois
Marmosé ou marmouzé ou marmousu ou marmouzouConcerne surtout les enfants ; avoir le visage barbouillé sali par de la confiture par exemple. Synonyme : barbanzé. Voir machuré
MarnageA l'origine, c'était une charpente ou un beffroi supportant les cloches. Objet imposant ; mécanisme compliqué
MâronnerRegretter, être envieux
Mastoqueimposant, dont la masse est imposante ; lourd, épais, lourdeau
Me ou mi selon le contexte(pronom)
moi.  idem à Oléron. Breule z'y la bodotte et t'diras enco qu' s'est me Les contes de Fraimbois (Brûle-lui la bedaine et tu diras encore que c'est moi)
Me et parfois mi selon le contextePas (négation); " C'n'a me po tojo" Ce n'est pas pour toujours. Phrase d'espoir des Lorrains annexés en 1871 devenu en 1918 : "c' n' ato me po tojo " ce n'était pas pour toujours. Ces phrases ont eu en Lorraine, et en Moselle en particulier, le sens et la force d'une devise.
En Lorraine non annexée entre 1871 et 1918, il n'était pas rare que les jeunes mariées soit en noire, en signe de deuil des territoires perdus.
MécaniqueManivelle pour actionner le frein de chariot ; batteuse primitive. Péjoratif pour désigner Les premières bicyclettes et les premières automobiles :
Y s'tueront avec les mécaniques là !(*)
(*)Voir Teugner pour l'usage patois de l'adverbe enclitique
Meix ou maix ou meis
(se prononce mée car le X est très rare en Lorraine romande). Jardin clos, généralement à proximité immédiate de la maison ou jardin éloigné mais dans les meilleures terres du village. En ancien Lorrain, le jardin venait en second rang et correspondait à ce que l'on appelle aujourd'hui "la chenevière", un jardin de qualité moindre et non adjacent à l'habitation. Meix est le suffixe de nombreux toponymes lorrains (Gibeaumeix ; Royaumeix ; Libeaumeix ...). On le trouve aussi dans certains patronymes comme Meixmoron, le gendre de Mathieu De Dombasle
Mèline (adj)malin, rusé, astucieux
Menottes(nf pluriel)la clavaire, champignon des bois dont les extrémités peuvent faire penser à des mains jointes
Mentou (adj)1 : nom propre ; 2 : menteur. Sobriquet : les mentoux de Chamagne Vosges
Mère rond-culLes femmes ayant des "formes avantageuses" étaient surnommées, surtout par les autres femmes, "mères rond-cul"
Mère tape-culCertaines personnes ployent les genoux en marchant pour ménager leurs efforts en montant ; le haut du corps décrit alors des mouvements de haut en bas à chaque pas. Les femmes marchant ainsi étaient surnommées "mères tape-cul"
Meurotte (nf)Originellement, c'est un assaisonnement liquide de la salade et contenant de la crème. Son sens a été élargi à toutes les sauces (sans jeu de mots)
Meussotte (nf)petite meule ; petit tas de fumier déchargé dans un champ en attendant son épandage
MichotteRue à Nancy ; bolet, champignon comestible ; petite miche de pain dans la Meuse et à Saxon-Sion mais concernant le pain, on disait plus souvent "michatte"
Midi pas d'soupe (expr)expression d'énervement pour rappeler à la cuisinière qu'il est l'heure de manger et que le repas n'est pas prêt
Dans certaines familles, on mangeait à heure précise avec une extrême rigueur. Celui qui arrivait avec une minute de retard pouvait se voir interdire la table
Miène ou Mienne (tienne, sienne)Entendu uniquement au Sud de Gerbéviller : pronoms possessifs n'ayant pas de genre. On disait aussi bien la sienne que le sienne
Migaine (nf)mélange d'oeufs battus et de crème pour la quiche lorraine ; mixture ; mélange quelconque : "le pharmacien m'a préparé une migaine"
Miracle faire un miracleêtre maladroit, casser un objet relativement précieux, le laisser tomber
Mirjolet1: nom propre ; 2: enjoliver (mirjolè)
Misouminet, le chat
Missenard (nm)personne du bas de l’échelle sociale; petit fermier. Cultivateur misérable. Parfois confondu avec hartar (voir ce mot) mais n'a pas le même sens
MisseronMousseron, champignon des prés
Moderne (nm)Forestier : baliveau ou arbre de taille moyenne. Lorsque les coupes (exploitations) ont lieu tous les 30 ans, un moderne a au minimum 30 ans et au maximum 60 ans (59 plus précisément)
Molaine ou molène, molègne en Moselle (nf) taupinière ; fourmillière par extension. Petite butte de terre
Mortzipe mortzif en Moselle (adj)comas éthylique ; ivre-mort
MouchotteSécrétion du nez
MouhècheMoite, humide
Mosotte (nf)musaraigne. Musette en Picard (Ch'ti). Parfois utilisé pour désigner la souris
MouBoucherie : poumon
MouPas tout à fait synonyme de moult car cet adjectif est aussi bien qualitatif que quantitatif
Il en a mou : il en a beaucoup ; ce dîner est mou bon : ce dîner est très bon
Mouche à mielAbeille. Mohhotte en patois
Moulin(nm)le gésier des volailles. Pourrait venir du patois vosgien "mohon" qui a le même sens ; "mahon" dans le Doubs et "magone" en Italien
Mouliner(v)Mouliner les patates : butter les pommes de terre (faire une butte), relever la terre au pied des plants
Moulu (nm)mouture, céréale concassée que l'on donne à manger aux animaux
NabotNain, personne de petite taille ou enfant
Nâchon (nm)Le plus petit porcelet d'une portée ; nain. Figuré : le dernier né d’une fratrie
Nânousse(nf)quenotte
NâpiâQui est difficile à propos de la nourriture ; qui mange avec dégout. Voir néreux
Nâpiergrignoter, manger sans appétit, faire le difficile
Nâreux ou néreux (adj)Qui a les narines sensibles ; qui est délicat, précieux dans son comportement, que beaucoup d’odeurs répugnent ; qui n’ose pas se salir 
Nature (nf)Vulve des femelles. Avoir de la nature : se dit d'une truie qui a la vulve enflée et rougie pendant ses chaleurs
Nem ou neumOn devrait écrire "n'eut me". Placé en fin de phrase pour susciter l’approbation ; synonyme de  n’est-ce pas ?
Neuf (nf)neuf, l'adjectif contraire de vieux; ex son neu pentalon. En patois, la dernière consonne était le plus souvent muette comme c'est le cas ici
Neuille (nf)nuit
Neurasthémie (nf)Neurasthénie. Usage populaire abusif pour désigner tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la tristesse ou à de la depression. On doit cette mauvaise utilisation au fait que le Français n'a pas de traduction du patois "gritée" (voir ce mot)
Niâ niau(nm)Faux oeuf en bois ou en plâtre ou en porcelaine destiné à attirer les poules pondeuses dans un nid. Nieux en Brie
Nian-nianindolent, nonchalant ; sans énergie. Le contraire de résou. Niâniâ ou nion-nion en Moselle. Même construction que le Français populaire "miou-miou"
Nice1 : enfant grognon, pleurnichard ; 2 : personne exigeante, difficile à contenter, contrariante. Nice était synonyme de niais en vieux Français. J Oberlin (1775) le relie à l'Anglais "nice" auquel il donne les sens délicat, douillet
nioniotte (nf)(nm) c'est de la nioniotte : quelque chose qui a très peu de valeur, qui est sans intérêt. Dans les Vosges, c'est aussi une plaisanterie éculée que l'on répète malgré tout
Nièquer mordre d’un coup sec et rapide. Idem à Oléron. Niac signifie dent en Forezien (St-Etienne)
Nix ou niksnon, la négation. Il s'agirait d'une corruption de l'Allemand "nichts" mais on le trouve dans les Vosges avant 1870
Nonante Quatre-vingt-dix. Les personnes lorraines nées dans les années 1880 l'utilisaient. Plus simple à écrire et plus cohérant avec les autres dizaines, on se demande pourquoi cette notation a été abandonnée en France ?
Nonon (nm)oncle en patois, très utilisé au XXe siécle le nonon Jean : l’oncle Jean. Le patois lorrain nous rappelle ainsi sa très grande proximité avec le latin puisque grand-père et grand-mère se disent nonno et nonna en Italien
Ogé 1 : nom propre ; 2 : oignon
Oeufcité pour le F final sonore, que ce soit au singulier ou au pluriel. Cette prononciation est très curieuse car en patois, la dernière consonne est le plus souvent muette
Oir ou hoirvoir, le verbe. le V devant  OI est muet
Orémus (nf)long discours ennuyeux ; monologue interminable. Si disait des personnes "qui s'écoutaient parler" : il en fait des orémus !
Oton ou ottonvoir hoton
Ouhâré ou ouèré (adj)Taureau et parfois verrat à l'origine. Au 20e siècle, devient argotique et utilisé seulement pour roublard ; sacripant !
oué ou wé gué. Cité pour sa présence dans plusieurs toponymes lorrains : Auboué, Haroué, Piroué... Utilisé en Moselle pour désigner le guéoir. (voir ce mot)
Ouhète ou ouète (adj)vilain, sale, dégoutant. Ouhète bête, sale bête ou dégoutant personnage
Sobriquet :les Ouhètes éthiules de Thaiyûres. Les sales écuelles de Clayeures
Ouilles (nfp)oies. Lorsque l'on prononce : "les zouilles", il s'agit du pluriel patois de zoille, un autre nom local de l'oie
Ouri ou Oury1 : nom propre qui serait une déformation de Ulrich; 2 : ahuri.
OusqueDans la phrase "ousque t'as été", on croit entendre une concaténation mal sonnante de et de que. En réalité, il s'agit d'un adverbe interrogatif patois ; il n'y a donc aucune faute dans son emploi... Sauf si parler Lorrain est un peché !
OuvrageSubstitution du mot travail dans le sens occupation et cité pour sa fréquence dans le langage courant des personnes nées avant 1914 (travaux de ménage, du jardin ; travaux agricoles Etc). Exemple : j'ai beaucoup d'ouvrage. Les personnes plus jeunes disaient comme aujourd'hui : j'ai beaucoup de travail
Ouvrage désignait aussi un chantier en cours ou une activité récurante comme le tricot ou la broderie. Cette substitution est totalement disparue au 21e siècle
OyoForme peu répandue d'oreille mais entendue au moins une fois
Pachot1 : nom propre ; 2 : voir pauchat
Palette (nf)jeu enfantin de la palette : jeu de la marelle
Pal'teau (nm)sorte de veste
Pâmepie (nf)rameau de saule avec les premiers bourgeons. La 1ère manifestation du printemps. Avait la même symbolique que le rameau d'olivier. En Moselle, les rameaux de buis bénis le jour des rameaux s'appellaient aussi des pamepîes
Henri Labourasse donne une étymologie curieuse de ce mot : le rameau bénit s'appelait paume et comme il était issu de rameau de pin, cela a donné paume-pin devenu pâme-pie en Lorraine
Pané, panette (nm)Le bas du pan de chemise, plus rarement de robe mais pouvait aussi désigner les vêtements de manière générale. Être en panés : n'être vêtu que d'une chemise
remonte ton pantalon, ton pané dépasse !. Sobriquet : les ouettes panés de Moriviller (les sales vêtements)
Panne(nf)(painne en patois) pièce horizontale de charpente sur laquelle repose les chevrons
Paqueuparce que. L'adverbe paqueu existait en patois. Son usage n'est pas une corruption de "parce que" (voir qu'est-qui-a, préco et quéque)
Paquin 1 : nom propre ; 2 : qui a un rapport avec Pâques exemple un porc engraissé pour le tuer à Pâques
Paquis(nm) voir aussi patisterrain appartenant à la communauté. Anciennement, il s'agissait souvent de terrains de peu de valeur réservés au troupeau communautaire
Paquotte1 : nom propre ; 2 : rameau de buis ou d'arbrisseau que l'on plante sur les tombes le jour de Pâques
Parrain de boisépoux de la marraine, pour le distinguer du parrain officiel. Dans certains cas, il s'agit de la personne remplaçant le parrain empêché le jour du baptême
Passées (nf)traces d'un animal, empreintes sur le sol ou dans la neige
Passe-pierre ou passepierreNom régional de la salicorne, plante des milieux salins
PassottePassoire ou filtre
PatapoufPataud, surnom donné aux personnes en surpoids
Patin Chausson ; charentaise
Patissouvent confondu avec paquis (voir ce mot). En Moselle, un patis est un petit tas de pierre amassées dans une vigne
Pauchat ou Pauchot (nm)terre qui reste collée aux chaussures ou aux roues. Voir empaucher.
Pauchat d'Samson Légende de Savigny (Vosges) selon laquelle la côte d'Essey-la-Côte serait un pauchat laissé par le personnage biblique (Nicolas Haillant, Essai sur un patois vosgien)
PauPieu ; levier. Voir pau-fer
Pau-fer (nm) littéralement : pieu en fer ; barre-à-mine. Palfer en ancien Français
Pays (nm)le village ou un village
Peau (une peau)(nf)Récolte de fourrage très dense
Pe, peute probablement du latin putis ; vilain, laid ; mauvais état de santé; faire mauvaise figure: "cet enfant fait le pe", il boude. Souvent utilisé dans les sobriquets de village : "peute ville, peutes gens, peut'enfants"
Peche ou perche; (nf)Pont. Remplissage temporaire d'un fossé à l'aide de branchage pour le franchir. On pratiquait ainsi en forêt le temps de débarder le bois. On retrouve ce mot dans de nombreux lieux-dits : la peche du breuil...
Peigne-de-loup1 : Carde (partie de cardeuse) ; 2 : fruit de la bardanne. Voir épatant
Peille ou pèyepire. "c'est enco pèye" : c'est encore pire. Expr :cordonnier mau chaussé, sabotier enco pèye. Cordonnier mal chaussé, sabotier encore pire
Pékiparti « le vèl péki » le voilà parti
Percher (un chariot de foin)Tendre une corde ou une sangle sur une remorque de foin pour arrimer la charge. A l'origine, c'était une perche avec un bout de corde à chaque extrémité. Voir "trait de perche"
Pet d'coucouExpr : ça ne vaut pas un pet de coucou : cela ne vaut rien. En patois, le "pé d'coucou" est la résine qui coule des arbres fruitiers, notamment du cerisier
Pet de moine
(pa d'mouine en patois)
Chausson aux pommes ; Pomme pelée enveloppée dans de la pâte à tarte et cuite au four
Péteu (adj)familier : peureux, trouillard
Péteuse (ficelle péteuse) (adj)Ficelle dite de Strasbourg qui, installée au bout d'un fouet, produisait un claquement sec, ressemblant à un coup de feu
Pétieu(nm) brèche ; ouverture ; trou quelconque ; anus. Vulgaire : sexe féminin. Probablement la même origine que puits et perthuis
Piat, piot, p'tiot(adj)petit : "la couveuse surveille ses piats" la mère-poule surveille ses petits. Lé piate bésinje : Besange-la-Petite (Moselle)
Pidole, pidoler A l'origine, la pidole est une toupie ; pidoler signifie tourner vite. Par extension, pidoler signifie courir, pédaler ; se dépêcher
PidoloPersonne qui pidole, qui est toujours pressée. Sobriquet affublé à Jean-Joseph LAURENT né à Essey-la-Côte en 1786 et qui a été transmis aux descendants de sa fille Catherine (Reménoville). Le même sobriquet est utilisé comme lieu-dit à Essey
Pierre à eau ou pierre d'eauNom lorrain de l'évier qui, dans les anciennes bâtisses, était taillé dans une seule pierre
Pieu ou pieur (v)pleuvoir « ato nô, y vâ pieur » hâtons nous, il va pleuvoir
Pîller les pois (v)écosser les pois (le î est trainant ou i double comme dans rîge)
Pinasse (nf)Pin sylvestre. Petit bateau dans le bassin d'Arcachon
Pince-culInsecte, le forficule ou pince-oreille ou fourchette. Sobriquet : "les pinces-cul" de Laneuveville-Derrière-Foug
Pincha ou pinchard (nm)personne qui pinche, qui crie tout le temps
Pincher (v)Crier ; emettre des sons désagréables, très aigus en chantant ou en criant.
PinéguettePin-up, mijaurée, précieuse, petite fille ou jeune-fille délurée. Façon péjorative de désigner une femme hautaine
Pingué (nm)poisson épinette ou épinoche. Près de St-Dié, ronce se dit pïngue
Plançon (nm)Terme forestier qui n'a pas le même sens qu'en français. Il s'agit ici d'un jeune chêne coupé pour faire de petits poteaux ou des piquets de clôture
Plate comme une quicheexpression triviale pour parler d'une femme n'ayant pas de poitrine
Pique (nf)Breuvage de médiocre qualité vinicole et faiblement alcoolisé obtenu en ajoutant de l'eau et un peu de sucre sur les mares de raisins ce qui provoque une nouvelle fermentation. Le mot lorrain "pique" a été transformé en "piquette" à la fin du 20e siècle.
Pleuvin (nm)longue période de pluie. Le pleuvin de la St-Jean. Nicolas Haillant lui donne un sens très différent : pluie fine et brève !
Pôre ou paure(adj) Pauvre, malheureux, miséreux;  "le pôre chien là" : ce pauvre animal ou ce pauvre hère
Porte de bois (Trouver porte de bois)Trouver porte close
Portion de boisaffouage. Les parcelles forestiéres communales mises en exploitation étaient partagées en autant de sous-parcelles (portions) que d'affouagistes. Voir triage
Pot de camppetit bidon en fer blanc d'environ 1,5 litres pour porter la soupe aux champs. Les culs de pot-d'camp : sobriquet des habitants de St-Clément 54.
potelèvre. Un chien qui montre les dents en signe d'agressivité : "il retrousse les potes !"
Pouilleordre donné au chien de troupeau
Pouillerépouiller
PouilloteNuque, chevelure, endroit où se tiennent les poux. Egalement une jeune salade ou une salade frisée
Poulalierpoulailler
Pouleton n'employait pas le mot poussin. Poulet pouvait désigner un poussin d'un jour
PoulièrePetite porte aménagée dans le bas d'une porte normale ou porte de grange pour laisser passer les volailles
Pounâ(adj dans le Toulois)pourri, œuf pourri ou « couveux » ; oeuf couvé et non fécondé à Corcieux
Poussaâ (adj)repoussant, se dit d'un outil coupant émoussé, dont le tranchant est devenu épais ; d'une faux qui mérite d'être rebattue
PoussotePoussière
Poute (nf) grimace de mécontentement. "faire la poute" : bouder
Poux de bois(nm)tique. Sobriquet : "les poux de haie" de Laneuveville-Derrière-Foug
Pranzierle moment de repos des bêtes. Par extension, faire la sieste, se reposer. Voir pranzieux
Pranzieux(nm)Lieu-dit assez fréquent ; endroit calme que les vaches choisissent pour se coucher et ruminer. C'était aussi l'endroit où le berger communal parquait le troupeau afin de fumer le terrain par les déjections animales. C'est parfois le temps de la sieste.
PrécoPrécoce. Préco est un mot patois. Son usage n'est pas une corruption de précoce
Prosèrpinesobriquet donnée à une femme avec une pointe de moquerie ou de mépris. Mégère, diablesse"
Puisé être puiséAvoir les chaussures qui prennent l'eau ; avoir de l'eau dans ses bottes. On entendait aussi : "avoir les pieds à la sauce"
Quart en réserveL'ancien régime forestier imposait parfois de mettre un quart de la forèt hors exploitation courante, en réserve
Par abus de langage, "quart en réserve" est devenu "camp en réserve"
Quèque Quelque. En entendant prononcer quèque, on croit entendre une défaut de prononciation ou une altération du Français mais ce n'est pas le cas. Quelque se dit queque en patois.
Quénotte (nf)Grume de petite dimension. Fig : sexe des petits garçons
Queuchon (nm)le plus petit porcelet d'une portée. Figuré : le cadet d’une famille, le dernier-né.
Queue de chariotles anciens chariots agricoles avaient un plateau à foin assez long et un équipement qui permettait de les transformer en tombereau pour le transport de matières plus denses comme le fumier ou les betteraves. Le tombereau étant plus court que le plateau, on rapprochait les deux essieux. L'alonzey (voir ce mot) qui reliait les deux corps d'essieux dépassait alors en arrière formant ce que les enfant appelaient la queue du chariot
Queue de chatplante : la prêle en épi
Queue d'écureuilplante : la fétuque en épi
Queue d'hommeplante : aubergine
Queue de loupplante : le bouillon blanc
Queue de ratplante : le vulpin en épi
Queue de renardplante : amaranthe à long épi
quike ou quikelle(nf)cime d’un arbre
Qui qu'en grogneDevise du château de Moyen (54). Signifie "malgré la grogne". La construction de cette forteresse militaire par l'évêque de Metz n'était pas du goût des ducs de Lorraine, notamment, ni des paysans dépendants de l'évêché et mis à contribution pour les travaux
Quitte de...Construction de phrase bien lorraine, je suis quitte de... Je n'ai plus à... Exemple : Grace au lave-vaisselle, je suis quitte de laver la vaisselle
RâclotteRaclette pour nettoyer l'étable
Racoin (nm) recoin
Radozer rassembler ; regrouper ; andainer; Figuré : chiper
R’allerre-aller ; y retourner
Raffin (nf)Produit (eau-de-vie) qui sort de l'alambic lors de la seconde cuisson
Ragot(nf)1 : nom propre ; 2 : sanglier
RâhouerRoder ; errer à la recherche d’un mauvais coup à faire. Garçon à la recherche d’une fille à séduire (draguer).
Râminer Fulminer ; récriminer, ressasser ; rabacher ; signifier son mécontentement en marmonant
Ramoler Aiguiser, affuter, utiliser la ramolote
Ramolote ou ramolate Meule ; pierre ou fusil à aiguiser ; désignait surtout la pierre à aiguiser la faux. Probablement la même origine que rémoudre
Rampo (faire rampo)Faire rampeau ; terme d'égalité au jeu de quilles : faire tomber le méme nombre de quilles que le gagnant. Sobriquet : les bons joueurs de quilles de Salonnes Moselle
Randosser (v) Agriculture, voir fendre ; dans le cadre d'un labour en planche, on commence une parcelle par le milieu ce qui adosse les deux premiers sillons (terre retournée)
Râouer ou râwer(v)Roder, souvent dans le sens de rechercher un mauvais coup ; appliqué à des jeunes gens : "courir le guilledou"
Raousse (nf)rossée ; raclée ; bonne correction
Raousse (interjection) synonyme de "ouste, dégage !" mais plus impératif
Râpia(adj)avare. "C'est un râpia, il a la goyotte en peau d'hérisson
Rapine, rapiner n'a pas exactement le même sens qu'en Français. On employait ce verbe pour désigner des faits de grivelerie. il s'agissait d'aller consommer des fruits dans un verger ou jardin. Tout était mangé sur place. Cela concernait principalement les enfants et les adolescents qui, au delà de la gourmandise, s'amusaient àse faire peur par une sorte de jeu de cache-cache avec le propriétaire. Parfois, c'était le propriétaire qui s'amusait à surprendre et faire peur aux rapineurs
Rataboker Rabibocher, réconcilier. Réparer sommairement ; requinquer
Ratapoil interjection adressée à un enfant ! injurier gentiment ; parfois utilisé pour désigner une chose de mauvaise qualité ou insignifiante
Rat-dormantLoir ou lérot
Ratelot Faux avec un équipement particulier pour la moisson composé notamment de plusieurs dents qui alignent les tiges, les empêchant de s'entremêler
Ravisote (nf) Reminiscence ; se raviser ; idée soudaine ; dernier né d’une fratrie, longtemps après les autres 
Ravon 1 : nom propre ; 2 : confluence de deux cours d'eau. Se dit aussi Raon (Raon-l'Étape). Probablement la même origine que rivière
Rayaux qui est rayé ou pluriel de réal ; quand c'est un lieu-dit, on prononce râ-yeux
Rayon (nm) terme français peu usité en dehors de la Lorraine dans ce sens. Un rayon de betteraves : une ligne de betteraves. Rayon est ici un alignement de plantes. Voir rote
Raz-mottesNain, personne de petite taille, qui est au raz des mottes (de terre)
RazoguetNain ; être malingre ; enfant dans un groupe d'adultes
ReEn Français, ce préfixe veut dire répéter, recommencer : refaire ; retailler... En Lorraine, c'est nettement moins systématique : on peut dire rebêcher le jardin même si l'on bêche pour la première fois. Voiraussi le préfixe dé
Réal Raie (de charrue le plus souvent); Le dernier sillon d'un labour ; parfois un petit fossé
Rebattre (rebattre une faux) Marteler le côté du tranchant pour l'affiner
Récéperraccourcir une plante, tailler une haie pour limiter son envahissement.
Récépi ou réssépidesséché, flétri, archi-mûr. Se dit aussi d'une d'une personne d'âge avancé ou au visage ridé
Reciper (verbe forestier)scier un arbre abattu pour séparer la grume du houppier. pourrait avoir la même origine que recéper
Récépi(adj)plante desséchée ; fleur sèche. Figuré: personne qui n’est plus de première jeunesse
Récuse-potoMouchard, délateur, rapporteur (Utilisé presque exclusivement par les enfants). On devine la forme ancienne de récuser : accuser
Rédimer restreindre ; diminuer une ration ; faire des économies de consommation. Voir Rétrilloner
Rejinguer ou reginguer (v)Ruer par réaction ; se rebeller ; ne pas se laisser faire. Reginger à Dompaire
Reguillealler à la reguille, être à la r'guilleChasse : se dit des chasseurs qui se postent à proximité d'une forêt en cours de chasse, sans y être invité. Cette pratique était à l'origine de conflits entre chasseurs.
Le mot pourrait avoir un rapport avec "rekeuyate", un droit de l'ancien régime (évêché de Metz) qui autorisait les pauvres à grapiller après la vendange (les raisins oubliés) ou de ramasser du foin après la fenaison
Relavette ou relavotteéponge ou tissu pour laver la vaisselle
Rembarrersens différent du Français : arrêter quelqu'un (ou un animal) dans sa course, lui faire obstacle
RemembrerRemembrer dans le sens regrouper des terrains est un mot français d'origine Lorraine. Aprés la guerre de trente ans, la Lorraine était quasi déserte. Les habitants qui restaient et surtout les migrants nouvellement installés se sont mis à cultiver les meilleures terres abandonnées. Plus tard, un certain nombre d'anciens propriétaires ou leurs descendants se sont manifestés ce qui a engendré d'interminables conflits. Une procédure juridique nouvelle a été mise en place pour arbitrer ces conflits en essayant de se souvenir de la propriété antérieure. A l'époque, se souvenir se disait "remembrer" (*), alors la procédure est devenue le remembrement !
Ce mot appaîtra dans un document officiel français pour la première fois en 1898, seulement
(*) En vieux Français, se souvenir se disait "se remembrer"
Rendremis ou endremisendormis. Sobriquet :les rendremis de Buissoncourt
Rendôsseradosser ; labourer en planche en commençant par le centre de la parcelle; les 2 premiers sillons sont adossés l'un à l'autre.
RengruléParcouru de frissons ; transis de froid ; voir greuler
Renfilerse dit des plantes comme les fraisiers qui produisent des fils sur le sol contenant de nouvelles racines
Renquillerentrer en collision; butter contre
RentouillerAgriculture : Re-semer la même céréale que la saison précédente
Résouen pleine forme ; personne guérie et très bien portante ; le contraire de nian-nian. Exemple : hier il était malade ; aujourd'hui il est résou.
Resterhabiter, demeurer. On entendait encore fréquemment vers 1970 : il reste à Nancy, il habite à Nancy
Retirer d'aprèsRessembler à.
Retone ou retoneu ou rotoneuÉtourneau.
Retour retour de la fêteParfois, la fête patronale continuait le dimanche suivant. On parlait alors de retour pour distinguer le second dimanche
Retourner Vache ou truie qui retourne : qui n'a pas été fécondée par l'insémination ou saillie précédante et dont le cycle de chaleur se manifeste à nouveau
Rétrilloner lésiner, restreindre. Voir rédimer
Rewâter ou r'wâter Regarder ; voir aussi rouater. A la fin du 20e siècle, on utilisait ce verbe surtout dans le sens "lorgner sur...", envier
R’faisou (nm)(re-faiseur) Réparateur
Ribiette (nf)parcelle étroite ; petite bande de terre
Ribote (nf)être en ribote : faire la fête, s'ennivrer
Rique-et-raque (loc)au plus juste ; de justesse ; juste ce qu'il faut
Rifler(v)Rifler, arracher brutalement. Rifler une plante consiste à griffer, arracher l'épi. Probablement la même origine que rafler
Rifleuse (nf)nom de la première batteuse mécanique dont le batteur tournait lentenment et était muni de pointes qui arrachait l'épi plutôt que de le battre.
Rïge(nm)Filtre ; crible (grille) destiné au nettoyage du grain. La lettre ï représente une voyelle supplémentaire. Il s'agit d'un double i (ii) ou d'un i trainant devinotte : qui est le plus bête dans la maison ? Le rïge, il laisse passer la farine et se garde le son !
Ripper ou déripper déraper ou faire glisser un objet: "J'ai rippé sur la glace ; on va ripper cette armoire".Idem à Oléron. Pourrait avoir la même origine que l’anglais ripper, au sens lame de deneigement.
Rivot1 : nom propre ; 2 : rivet.
RôbateRobe un peu plus courte que les cottes qui elles, couvraient les chevilles. Terme employé avec une pointe d'ironie à la fin 20e siècle.
Rochat ou Rochote 1 : nom propre ; 2 : habit ou blouse ou sarreau ou robe ; redinguote aux environs de Saxon-Sion.
A Romont, Vosges, fin du 19e siècle, M Adam écrit : : sorte de veste du temps passé, à grands pans, qui retombaient presque sur les talons en se croisant comme l'extrémité des ailes d'un canard
Sobriquets : les vahhes rochats de Rem'rainville : les verts habits de Réméréville; idem à Bezange-la-Petite et à Moncourt. lé grands rochats d'Albechaux, Commune de Bisping
Rogner Se disait à propos de vaches qui pâturaient sans rien laisser : elles ont rognée un champ, elles l'ont entièrement pâturé
Roi-yote ou roi-yure(à la roi-yote) : façon triviale de dire au-revoir ou  à-vous-revoir
RonsinÉtalon ; jeune mâle vigoureux. Poulain aux environs de Saxon-Sion. Fromage cuit dans la montagne vosgienne. Roncino en Italien
Citation : "lo pôre Guillaume atô cheu, avo so ronsin...", Le pauvre Guillaume était tombé avec son ronsin.
Phrase ironique de "l'homme de Guéblange" venu tout exprès à Metz voir la déchéance de l'empire allemand en 1918.
Quelques jours après l'armistice, la statue du kaiser trônant fièrement sur sa monture fut abattue et resta ainsi quelques jours. La statue étalée dans la boue avait beaucoup moins de superbe ! C'est sur ce revers de fortune que "le Doudou de Guéblange" ironise
100 ans après, ces textes restent très émouvants. Ils sont disponibles ici : https://drive.google.com/file/d/0BxAmROKu0ZJidTVSTnZoajh2dVE/view
RossotoFamilier, petit enfant ; objet de peu de valeur. Roitelet, l'oiseau, à Uriménil ; le roitelet en plusieurs endroits
Rote (nf)Originellement, route en patois ; ligne ; rangée. Une rote de carottes : un rang ou une ligne de carottes. un alignement de plantes. Voir rayon
Roual ou rouwalRéal, raie de charrue profonde, ornière, petit ruisseau. En Moselle, c'était une roue de charrue. On retrouve ce terme dans les lieux-dits
Rouaux ou rouwaulieu-dit. Chemin creux ou petit ruisseau. Semble être le pluriel de roual
Rouffe (nf)rossée ; fessée;
Rouge-bonnet personnage imaginaire pour faire peur aux enfants qui remplace le loup. A sans doute pour origine les révolutionnaires pendant la terreur
Rouhâter ou rouhâtierA l'origine, c'était l'exacte traduction du français regarder. expression de l'époque : "ça n'te rouhâte mi" : cela ne te regarde pas. 
Au début de la 2e moitié du 20e siècle, c'était surtout utilisé avec un sens péjoratif : lorgner sur, regarder avec envie, avec concupissance : C'est un mâre drôle, i rouhâte sur sa voisine !
Rouin ou roin ou rouwinornière
RouléVersée ou couchée pour une céréale
RoustiRoussi
Royotte ou rayottepetite raie, petit sillon ; la raie des fesses. Expression : remonte ton pantalon, on voit ta royotte !
R'pou ou repou (nm)matériau de démolition composé du liant et du crépi d’un mur, à l’exclusion des pierres
R'quiller ou requiller (v)Remettre les quilles en place et renvoyer les boules
R'quilleur ou requilleur(nm)personne chargée de requiller. La tâche était généralement confiée à un enfant ou un adolecsent qui recevait en échange un pourboire (tringuel) mis dans une tirelire par le gagnant de chaque partie
Ruer du cul(nm)Se dégager brutalement, se regimber. Voir ruter
RuterSens un peu différent de ruer. Se disait d'un cochon qui démarrait brutalement et joyeusement ; manifester sa désapprobation par un geste brutal ; ruter du cul : jeter les deux pattes en arrière comme le font les chevaux
R’valoir re-valoir, rendre ; autre sens : se venger « j’te r’vaudrai ça » : je me vengerai
Sable, pierre de sablepierre en grès, par opposition à la pierre calcaire. Les pierres de taille en grès des Vosges étaient appelées "pierre de sable"
Sagardscieur dans le sens exploitant d'une scierie
Saint-Glinglinle jour de la St-Glinglin, ou le jour où les poules auront des dents, ou la semaine des 4 jeudis ou à la résurrection des boutons de guêtres c'est à dire jamais !
Sâpréremplace sacré dont l'utilisation était un péché
Saucée (nf)être saucé : être trempé par la pluie
SaucerotteSorte de tasse à écremer. Calotte de curé. En voyant ce mot, on ne peut s'empêcher de penser à la Commune de Saulxerotte, ancien canton de Colombey-les-Belles
SauleL'arbre, cité pour son genre féminin
Saux, saule au féminin, sau au masc-singulierRassasié, repu ; s'employait surtout à propos des bovins : Les vaches ont la panse bien remplie, elles sont saules. ou comme synonyme de ventrée : une saulée de cerises : une ventrée de cerises
Il s'agit probablement de la variante Lorraine de "sâoul" mais sans qu'il soit question d'ennivrement. En Moselle, on employait le mot "soül" avec ces définitions

Sobriquet : les moo saux de Barbonville littéralement les mal rassasiés, ce qui signifie les insatiables, les jamais-assez
Schlinguersentir mauvais ; puer.
Schlitte (nf)La luge des enfants. Sur le plateau lorrain, on ne connaissait pas la schlitte des bûcherons vosgiens... Et pour cause !. Voir glisse
Schlitter (v)Luger. Voir glisser
Schnell-catherine (locution, avoir la...)Équivalent régional de chienlit. Expression née pendant le siège de Metz en 1552 qui désigne les problèmes intestinaux pour se moquer des soldats allemands assiégeant la ville et victimes de dysentrie.
L'armée impériale était accompagnée de femmes chargées des basses besognes de la soldatesque. Ces femmes portaient le nom générique de "kathrinn" (catherine). Quand un soldat allemand victime de dysenterie avait besoin d'un seau hygiénique, il en appelait une de cette manière : schnell catherinn ! (vite catherine).
Moqueurs, les messins en ont fait une expression !
Voir aussi "La courtoisie de Metz"
Semâhh(nm)jachère. les h sont guturaux. Ce son n'existe pas en Français et correspond au J espagnol ou au Ki grec. Semart à Louhans
Septante Soixante-dix. Les personnes lorraines nées dans les années 1880 l'utilisait. Plus simple à écrire et plus cohérant avec les autres dizaines, on se demande pourquoi cette notation a été abandonnée en France ?
Seugnard(e)personne qui seugne
Seugnerrôder à la recherche quelque chose, ’observer, espionner. l'épouse à son mari qui rentre en retard : Où c'est qu' t'as enco été seugner ?
Siau (nm)seau. Plus loin dans le passé se disait saille, seille ou seillat, seillatte pour petit seau
Sienne (mienne, tienne)Pronoms possessifs invariables : son jouet se disait le sienne. L. Zéliqzon l'écrit syèn'
Sinodälmarguillier, sacristain, homme laïc à tout faire pour l'aide au curé dans les petites paroisses. La lettre ä représente une voyelle supplémentaire. Il s'agit d'un double â (ââ) ou d'un â trainant
Smiquer ou chmiquerflairer ; se dit principalement des chiens
Socquette (nf)racine ou souche d'arbre
Sonner en mort (expr)sonner le glas. Expr : les cloches sonnent en mort, qui est décédé ?
On confond parfois glas et tocsin. Le glas est la sonnerie des morts ; le tocsin est la sonnerie des événements graves, des catastrophes. On sonnait le tocsin surtout pour les incendies.
Le glas est sonné sur deux notes avec un rythme relativement lent ; le tocsin est sonné sur une seule note, généralement sur la plus petite cloche, à un rythme rapide. le tocsin est une "sonnerie civile".
Souille(nf)forestier : taillis bon à couper ; bois provenant de l'exploitation du taillis
Souillot(nm)Fam : sanglier.
Soulon(nm)Homme qui se saoule souvent, ivrogne, alcoolique.
Sommière (ligne sommière)(adj)Forestier : layon principal sur lequel aboutissent les layons perpendiculaires. Même sens en Franche-Comté
Sonner en mortsonner le glas ; figuré : disputer, enguirlander
Sotré(nm)1 : sot ; farfelu. 2 : Lutin dans les contes patois ; petit-être surnaturel bienfaisant. Tourbillon de vent à Saxon-Sion
SouperRepas du soir
En Lorraine comme en ancien Français, on déjeunait le matin, puis on dînait à midi et on soupait le soir
Particularisme venant sans doute du patois, on utilisait l'auxiliaire être pour les 3 repas : t'es soupé au lieu de tu as soupé
Soyot (nm)Seuil, saillant ; creux très prononcé dans un champ ou dans un bois. Seuyot en Moselle
Soyotte (nf) 1 : petite scie à bois. 2 : danse folklorique vosgienne
Stringue strîngue en MoselleSeringue
SueurSueur de curé, sueur de cantonnier ; quelque chose qui est extrêmement rare. Façon de se moquer de l'inutile, du futile, du peu productif
Tâcher s (v)A les mêmes sens qu'en Français auquels s'ajoute un impératif : tâche d'être à l'heure = tu as intérêt à être à l'heure
Tachotte (nf)Poteau, piquet d’angle dans une clôture ; taiche en Moselle ; staiche en vieux Français
Tailler se taillerse sauver, s'enfuir
Tallée (nf)une tallée : ensemble des fruits tombés d'un arbre, naturellement ou non
Taller (nf)abîmer un fruit ; se faire un hématome
Tallure1 : ensemble des grains tombés d’épis trop mûrs. 2 : hématome ; meurtrissure
Tâner, se tânerÉtendu pour un humain ou pour un animal avec une notion de paresse. Se tâner : se vautrer. Autre sens : étendu, raide-mort
Tantante (nf) pouvait être utilisé comme terme enfantin pour désigner une tante, mais plus généralement désignait une "grande-tante" (soeur d'un grand-parent)
Tauniä ou taugniä (adj) taciturne, associal ; paresseux, manquant d'entrain. La lettre ä représente une voyelle supplémentaire. Il s'agit d'un double â (ââ) ou d'un â trainant
Taunier ou taugner (adj) Ne rien faire de vraiment utile ; paresser tout en faisant semblant d'être occupé
Taré(adj)Vache tarée : vache victime de météorisation. Une fermentation excessive dans la panse comprime l'appareil respiratoire et asphyxie l'animal
Tatouille (nf)une correction ou fessée pas trop cruelle, contrairement à son sens originelle qui était synonyme de "volée de coups"
Taupette (nf)petite carafe ayant une contenance d'environ 15 cl. Certains cafetiers servaient encore le vin rouge dans une taupette au début des années 1970
Tepronom personnel : tu
Tè ou tè tè...cri pour appeler un chien
Tendelin ou tandelin (nm)sorte de hotte étanche pour la vendange fabriquée sur le même principe que les tonneaux en douves de sapin, mais plus probablement d'epicéa. Sa contenance était de 40 litres. Contrairement à une idée reçue, tendelin et hotte (hate en patois) sont deux équipements différents. Tentelin en Franche-Comté
Tendre ses sabots ou souliersles disposer devant la cheminée le soir du 5 décembre pour recueillir les cadeaux de St-Nicolas
Terette (nf)Crecelle. Figuré : vieille machine, vieil instrument. Est parfois utilisé pour parler de la langue d'une personne très bavarde
TessauTas de gerbes ; meule de gerbes, grenier à gerbes. Dans le Sud-Lunévillois, tessau ne concerne que les gerbes, contrairement au piedmont Vosgien où on lui associe aussi le foin
Tessau viendrait du celtique "tess" qui signifie "tas"
Terre germéese dit d'une terre cultivée,plutôt argileuse, qui après une sécheresse ou un gel, se gonfle par ré-humidification. Elle fait penser à un grain en train de germer
Tête-à-cultête-à-queue et plus rarement, tête-bêche
Tête de holtzinsulte pas vraiment méchante équivalent à "tête de cochon". Holtz désigne familièrement l'Allemand
Tête de jotePratiquement le même sens que le précédant.Littéralement : tête de choux. Sorte d'insulte pas vraiment méchante équivalent à "tête de linotte". La jote est une variété de choux. Selon les petites régions, la jote est un choux pommelé, soit la choucroute comme à Ville-sur-Illon (Vosges) ou à Plainfaing. Jote en patois de Metz est un chou cabus
La joute quant à elle serait plutôt la façon lorraine d'accomoder les choux en cuisine. Elle peut aussi désigner les herbes qui accompagnent le choux en cuisson
tête de jote est le sobriquet des habitants d'Essey-la-Côte
Tetrelle (nf)femme bavarde, mauvaise langue ; plus rarement la crecelle, parfois la langue (avoir une bonne tetrelle : être bavard)
Teugnée (nf)Bagarre, rossée. Taugnée en Franche-Comté. voir torgnole
Teugner (se teugner) une teugnéese bagarrer ; les gosses là(*) s'sont encore teugnés Togner en Brie
(*) On remarque ici l'utilisation d'un adverbe enclitique :les gosses alors qu'en Français on aurait utilisé un adjectif déterminatif : "ces gosses...". Il s'agit d'une différence remarquable entre les deux langues qui contribue à démontrer que le patois lorrain est une langue avec ses propres règles et qu'il n'est pas une simple altération du Français
Tiafferpiétiner dans une flaque d’eau ; trépigner ; manifester son impatience
Tienne (mienne, sienne)Pronoms possessifs n'ayant pas de masculin : son jouet se disait le sienne
Tieu ou tiouinterjection pour faire avancer un cochon ; figuré : « bouge-toi Sobriquet : "les thieu-thieu de Drouville"
Tire-point (nm)lime. Etait employé pour désigner la lime ronde pour la chaine de tronçonneuse"
Tirer au renardse dit d'un chien qui tire en arrière sur sa laisse ; qui ne veut pas suivre son maitre
Tirer le journalAcheter le journal ou le recevoir par abonnement
Tirer les vachestraire ; traire voulait dire tirer en Austrasien. Traire une bombarde : tirer au canon
Tire-sousGrippe-sous ; quémandeur mais se dit aussi de toutes personnes qui réclament de l'argent ou qui font commerce de l'argent : banquier, percepteur, assureur, caissier...
Tocant ou toquantplaisanterie nocturne de carnaval qui consistait à suspendre une pierre à la poignée d'une porte et à l'aide d'une longue ficelle, on tirait la pierre de manière répétée afin de frapper à la porte
les garnements qui sonnent aux portes et qui se sauvent n'ont rien inventé !
Tocsinersonner le tocsin ; plus couramment, frapper avec acharnement à une porte jusqu'à ce que quelqu'un réponde
Tognole(nf)Tourbillon de poussière (dust devils aux USA ) ou petit cyclone dépassant rarement 2 mètres de diamètre qui se produit par forte chaleur
Toisercité pour le sens mesurer la largeur d'un champ en suspectant le voisin de l'avoir "grignoté"
Tojotoujours. "C' n'a-me po tojo" et "C' n'atô-me po tojo". Ce n'est pas pour toujours et ce n'était pas pour toujours. Deux phrases cultes en Lorraine à propos de l'annexion de la Moselle
Tomber en javellestomber en pièces, se démollir. Un tonneau à qui il manque le cerclage tombe en javelle.
TonticheDoudou pour les enfants ; poupée faite de tissu ou de laine ; jouet de peu de valeur. Dans certaines parties de la Lorraine, tontiche était un synonyme familier de tante
Toper(v)s'étouffer, être repu au point de ne plus pouvoir avaler quoi que ce soit. Toper signifie boucher en patois
Topou(adj)Qui fait toper ; aliment étouffant, difficile à avaler qui provoque rapidement la saciété. Le suffixe "ou" en patois est l'équivalent su suffixe "eur en Français". Topou en patois se dirait topeur en Français comme faisou et faiseur
Toque ou tocsouche d'arbre ; billot sur lequel on fend le bois
Toquée (nf) voir trochéeUne toquée de rhubarbe
Toquée(nf)Touffe, troche
Torgnole (nf)Volée (de bois vert ?), giffle. voir teugner
Torleuse(adj)vache "torèleuse", qui adopte le comportement du taureau. Figuré : lesbienne
Toro (nf)Touret
Torotte (nf) crécelle ; vieille machine ; synonyme de terette
Tortot, tortoteTout, tous(*), toutes, entier, tout entier. à propos des bêtes ayant leur période de chaleur au printemps : à la pentecôte, elles y vont tortotes
Pierre FEVE "le patois de Corcieux" précise que tortu signifie tous
Tortozo ou tortozote (adj)être tortozo : être pris de boisson ; émêché ; ivre
Tosser (nf)téter, sucer. Figuré : alcoolisme, ennivrement fréquent
Tossote(nf)tétine de biberon. Figuré vulgaire : téton
Touche (nf)Citée pour ce sens particulier en Lorraine : aiguille de montre ou d'horloge. A l'origine, c'était le bâton dont on se servait à l'école pour désigner quelque chose sur le tableau noir. Pa extension, l'aiguille d'horloge a la même fonction
Touffeur (nf)forte chaleur humide, chaleur étouffante
Touhä ou twätrois. La lettre ä représente une voyelle supplémentaire. Il s'agit d'un double â (ââ) ou d'un â trainant
Touffeur(nf)Chaleur étouffante
Touille ou touye ou touillot (nf)éteule ; chaume. Partie de la céréale qui reste en terre après la moisson.
Tournière (nf)fourrière ; endroit où l’on retourne
Trägner Étrangler. La lettre ä représente une voyelle supplémentaire. Il s'agit d'un double â (ââ) ou d'un â trainant
Traillatte (nf) épuisette
Trâ-ylle (nf) filet, filet de but de foot, filet de peche ; voir trayatte
Traineau(nf) chasse-neige composé de madriers très épais assemblés en V
Trait ou tré(nm) Se prononce "tré". Chaine de l'attelage hyppomobile intermédiaire entre le harnachement de l'animal et le palonier. Il y en a toujours deux par animal
Trait de perche cordes fixées aux extrémités de la perche qui servait à arrimer les chargements de foin ou de paille. Voir percher
Trait de herse un passage de herse ; action consistant à passer un seul coup de herse
Tronce (nf) Grume, partie noble d'un arbre forestier. Assez peu usité ce qui expliquerait son absence du Larousse ?
Trape tröbe en Moselle, traïe dans les Vosges(nm invariable)Dans le Lunévillois, la lettre "a" de trape se prononce comme dans "carotte", elle est brève contrairement à la Moselle où elle c'est un "ô" trainant. Trèfle des prairies naturelles et, par extension, l'ensemble de légumineuses dans une prairie par opposition aux graminés.
Trauler voir trôler
Trayatte (nf) épuisette ; voir traille
Treiche ou trèche ou truche(nf) Terrain en friche ou terrain sec peu productif. Dicton : prendre une hypothèque sur les treiches d'Ochey, un projet sans réelle garantie
TreizeauPendant la moisson et juste après la coupe, les gerbes de blé étaient groupées verticalement en lot de treize, selon un ordonancement bien précis. Les gerbes étaient rentrées après une à deux semaines pendant lesquelles la céréale finissait sa maturation. C'est ce nombre de treize gerbes qui a donné le nom treizeau ; dizeau en pays Gaumais. L'agronome Mathieu de Dombasle préconisait un assemblage de 10 gerbes seulement. Il fut peu entendu en Lorraine. Les gerbes d'orge et d'avoine étaient assemblées par "trézeaux" de six
Triage affouage ; subdivision d'une parcelle forestière mise en exploitation et attribuée à une famille, le plus souvent par tirage au sort. Est synonyme de portion
Trimeballe (nm)triqueballe. Sorte de chariot forestier à un essieu en U. Vide, il était basculé d'un quart de tour sur la grume avec le timon à la verticale. Quand la grume était attachée, les chevaux tiraient sur le timon ce qui soulevait la grume. Ce mode de transport réduisait le frottement au sol et exigeait donc moins de puissance de traction.
Tringuel, tringueld, tringuelte, ou tringual (nm)Pourboire. Dringuelle en Picard (Ch’ti). Viendrait de l'Allemand "trink-geld"
Trisolercourir. Les cloches trisolent : elles sont en mouvement rapide pour carillonner. En Austrasien, carillonner se disait trésiller
Trisser ou tricer (v)1 : jaillir, gicler, éclabousser, projetter de l'eau à l'aide d'une seringue. 2 : se trisser, se sauver rapidement, s'éclipser
Trissette ou trissotte (nf) Jet d’eau ; poire de lavement ; seringue ; petite averse. Figuré : personne pressée ; petit véhicule rapide
Trocard (nm)Cité pour son sens vétérinaire : outil très pointu destiné à percer le flanc d'une vache victime de météorisation (vache tarée) pour évacuer les gaz de fermentation de la panse qui comprime l'appareil respiratoire
Trocarder (v)Utiliser un trocard ; voir ce mot
Troche ou Trochée(nf) voir toquéeplant à plusieurs tiges ; touffe d’herbe (voir trocher). Exemple : une troche de rhubarbe
TrocherTaller ; naissance de talles ; phénomène de croissance des graminées qui consiste à produire des plants secondaires autour du « maitre-brin ».
trochis (nm)cépée, même sens que troche mais concerne des arbustes.
Trôler (nm)Flâner, Rôder ; Vagabonder, errer. Difficile de trouver une différence avec "seugner". Voir ce mot
Tron(nm)Étron, excrément, généralement d'animal, crotte. Rarement utilisé seul mais plutôt sous la forme tron d'mouche ; tron d'chat ; tron d'poule...
Tuer le chien Faire un bon repas avec toutes les personnes qui ont participé à la fenaison ou à la moisson lorsqu'elle est finie. Fêter la fin d'un travail long et pénible
Twîtercité pour son sens identique à l'anglicisme twitter : Chanter pour les oiseaux, bavarder pour les humains (L. Zeliqzon, les patois romans de Moselle page 680)
Ugène le prénom Eugène était prononcé Ugène
UsoirUzuwaire en Austrasien et usuaire en ancien Français signifiaient "droit d'user. "En milieu bâti, l'usoir est la partie du domaine public entre la chaussée et les maisons. Le droit régissant cet espace est un particularisme régional. L'espace est public et appartient à la collectivité mais le riverain a un droit d'usage (d'où le nom usoir).
Cet espace important était indispensable pour les fermes lorraines accolées les une aux autres sans accès à l'arrière. Le bois de chauffage, le fumier et le matériel d'exploitation ne pouvaient pas être stockés ailleurs
Vâillonveau de petite taille ou chétif
VanA l'origine, c'est une corbeille assez particulière en forme de godet (ouverte sur le devant). Elle est très large, pratiquement un mètre, assez profonde, environ 0.6 mètre et ses bords sont peu élevés, environ 0.1 métre. A l'origine, le van servait à nettoyer le grain battu au fléau en décrivant des mouvement assez précis, les balles (enveloppe des grains et menue-paille) se séparait du grain. Le van servait aussi à transporter la menue-paille ou balle.
Voir aussi "grand-van". L'outil agricole "van" n'a aucun rapport le véhicule qui est une abréviation de l'anglais "caravan"
Veine-pâtureA partir d'une certaine date dans l'année, généralement le premier octobre, toute repousse dans les prés et dans les champs non labourés tombaient dans "le domaine public". Tout propriétaire d'animaux pouvait les emmener paître sur des terrains ne lui appartenant pas. Voir Lembannie
Les archives municipales des communes rurales contiennent un nombre impressionnant d'arrêtés tentant de réglementer ou interdire cette pratique souvent conflictuelle
Vôte ou vauteCrêpe très épaisse, parfois salée
Vèlvoilà. « Le vèl péki » : le voilà parti
Versaine (nf) jachère. Il s'agit d'ancien Français que l'on trouve dans les traités d'agronomie du XVIIIe siècle
Vider les vaches Curer l'étable ; sortir le fumier
VoitureOn nommait ainsi les chariots agricoles jusqu'au début des années 1960
Vache fraicheune vache qui vient de vêler, qui est en début de lactation
vent de la pluie vent du Sud
Volette volate en patois. Sorte de petite claie en osier sur laquelle on faisait égouter les fruits ou le fromage. C'est aussi le nom des plateaux à tarte en osier
Sobriquet : les faiseurs de volattes de Chanville (les charpagnattes)
wé ou oué gué. Cité pour sa présence dans plusieurs toponymes lorrains : Auboué, Haroué, Piroué...
Yau ou yô oui
Yeque chose ; « pas grand yeque » : peu de chose
Youte ou youtre (passer youte)passer outre ; aller au delà ; ne pas tenir compte mais pas seulement ces sens. Il peut y avoir une notion de distance, d'éloignement : "le temps qu'il fait dehors" pouvait se dire : "le temps qu'il fait youte"
YoyoterBegayer ou radoter ; hésiter
Zaubette (nf)Originellement, c'est un diminutif d'Elisabeth. Fillette turbulente
Zauné (adj) A l'origine, désignait les personnes atteintes de zona ; au 20e siècle, signifiait fou
zieuter(v) (utiliser ses yeux). Avoir un regard indiscret ou lubrique ; regarder avec grand intérêt, lorgner, espionner
Zizi (nm)Argot régional. isolateur en faïence pour les anciennes clôtures électriques ou en verre pour les lignes haute tension.
Zoquerassomer ; éliminer ; tuer. Action du coup de tête que se donnent les moutons (front contre front)